La chair et le couteau -- Extrait d'un roman inédit de Younisos
Extrait d'un roman inédit de Younisos
La belle endormie était là ramenée à la pure présence, charnelle épaisseur, silencieuse, ici et maintenant étalée.
De ses cheveux roux émanait une douce fragrance, sucrée, crémeuse.
Frôlant de mon nez sa chevelure je la humai profondément de sorte que, l’effluve me pénétrant jusqu’à la moelle, je fus saisi d’un délicieux vertige. Enivré d’effroi et de volupté, effleurant de ma main tremblotante sa poitrine à travers le drap, j’éprouvai la tiède plénitude de la chair. Sous l’estivale couverture sa très fine chemisette était partiellement déboutonnée : d’un petit geste je dénudai aisément le téton gauche sans la réveiller.
Le sein apparut tout rond, plein, inerte, d’une blancheur crue, lunaire. Beau et atroce.
Le couteau avec lequel elle avait découpé le saucisson reposait innocemment sur une petite étagère de bois beige.
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