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Le rythme viscéral du Mal

poésie — Par younisos le 08 nov 2008 à 21:59

   En moi enfle un chant brutal, quête du rythme primordial du Mal — je vois des chairs rutilantes et des pals, splendeurs bestiales, saignées musicales.

En moi vibre un chant viscéral — j’ouvre mon ventre aux cadences sidérales, je m’écartèle, me dépèce en giclées cérébrales, j’aspire à moult déflagrations cervicales et autres orgies intégrales. 

En moi fuse un cri vital, en moi fuse un élan cannibale, quand je vois surgir la lumière délétère d’une beauté létale.

En moi hurlent des loups noirs et des monstres acéphales — ma folle érection est fatale, mon foutre s’élance fulminant vers les étoiles.

Sous la lune je m’étale sur le galbe froid de l’opale, en moi monte un râle, je meurs de volupté, clamsant au rythme crucial du Mal, invitant au régal les vautours et les chacals.  


La lune lactescente nue dans le noir

poésie — Par younisos le 11 oct 2008 à 14:12
 

Dans les Mille et Une Nuits les belles ont la peau laiteuse et la chevelure aussi sombre que la nuit. Ainsi parmi les ténèbres la pleine lune luit, et d’un décolleté de soie noire la lumière jaillit, et le ciel flamboie quand le jour s’évanouit — ainsi fuse une violence inouïe du doux baiser fortuit.

Je boirai le mal jusqu’à la lie.

 

Nuitamment dans un cimetière surgit la lueur singulière d’une bougie, au chevet d’une tombe éclairée tel un lit, et la chair pâle d’une femme belle aux longs cheveux d’ébène, étalée, sans vie.

D’une blancheur lunaire, les seins fermes pointant vers le ciel firent fulminer de blancs éclairs dans mon crâne transi.

Ainsi donc je contemplais fixement le corps nu, quand la cuisse de la morte tressaillit, les narines frémirent et un œil, noir, s’ouvrit.

 

Je boirai l’horreur jusqu’à la lie.

Ainsi dans la fureur et la rage je jouis, je suis mille fois mort et j’écris, l’azur me hante et je me délecte de pluie — ainsi giclent le sang et la sève du carnage et du fruit. Dans les Mille et Une Nuits les belles ont la peau laiteuse et les yeux aussi noirs que la nuit.

 


Mort je triomphe

poésie — Par younisos le 30 sep 2008 à 23:03

Le Commandeur m'enfonçant un épieu dans le ventre me dit ricanant:
-- Crève! assassin des astres! charogne des arts! fils des caniveaux célestes!

Déchiquetées mes tripes rutilent clapotantes hors de ma peau, lourdes de fiel gras. Mon sang s'épand en rigoles sous le ciel blanc.
Jouissant de ma mort je chante, louant la déesse Pourriture, tandis que ma cervelle éclatée gicle vers les firmaments.

 

 


Horrible beauté

poésie — Par younisos le 08 sep 2008 à 23:07

La beauté n'est-elle pas ce pinacle d'équilibre déchirant où la lumière est près d'éclater éclaboussant l'oeil béant du voyeur ahuri ? -- en moi geignent moult bêtes sensitives aux cervelles transies, mon clavier est charnel, du fond de mes entrailles montent des mots et des cris, mon ventre éjacule des poèmes maudits.
Dans mes os érectiles se dressent des chants telluriens, dans le stream de mon sang résonne la musique abyssale de Dionysos sans mesure ni lien.
Ainsi s'épanouit en pointe l'horreur sensorielle, éclat blanc de seins levés vers le ciel, seins gorgés du lait de la terre, rayonnants de sublime lumière.
Ainsi l'effluve ondoyant d'une sombre chevelure éployée dans la brise du soir.
Ainsi le sang vespéral, et la lune lactescente nue dans le noir.
Ainsi l'horreur scintillante émanant d'une oeuvre d'art, et la prose sanglante du poète furibard, et l'exubérance d'une toile aux allures d'abattoir.
La beauté n'est-elle pas ce mystère d'équilibre rageant où la chair s'illumine en gloire, où la peau cruelle du réel se laisse enfin voir ?

 

 


Rouge sang

poésie — Par younisos le 30 aoà 2008 à 12:51
Dans le soleil brille la nuit — la chair, brutale, en est le fruit — le foutre et le lait se mêlent en sursis — un monstre succulent repose dans mon lit.
La beauté assassine le peu de paix qui subsiste dans mon crâne déglingué, mort je suis, quoique la volupté triomphe dans mille milliards d’asticots et que le verbe clame encore la puissance du bleu et l’exubérance du vit sacré — volupté telle la mousse épanouie sur le désastre tellurique d’une érection atroce, lancinante — le Phallus anthropomorphe que je suis (si “être” pouvait signifier quoi que ce fût) n’est autre que le sang versé dans un océan de lait — invoquant fruits rouges et coutelas je songeais aux écarts sanglants inhérents à la splendeur sidérante des contrastes carnés — au tréfonds du mal je m’égare pour clamser autrement — au tréfonds du mal je crèverais dans la joie de rythmes subits — massacres inédits — meurtres fortuits — éclat blanc de galbes plantureux sillonnés d’écarlate — une vampire féroce dort dans mon lit — Être n’est qu’une escroquerie — je ne suis pas, pas plus que je ne suis — ainsi parlait, paraît-il, Pyrrhon le Sceptique qui n’avait rien écrit.
Une vampire, dis-je, belle et horrible, scélérate et exquise, pulpeuse et incisive, somnole dans mon lit — car l’atroce est dans le fruit, la volupté déchire, et mourir... mourir est la plus obscène des orgies — — ainsi donc je jouis, je jouis mille morts chaque nuit, suçant l’énorme téton de ma vamp jusqu’à la lie — je me shoote au lait froid de vampire — souvent dans mes rêves j’éclate de rire, mais au réveil j’ai envie de fuir, m’en aller loin dans une terre sans astre qui luit.
Ni je ni autre, je m’écrie — ni je ni autre je ris seul dans la nuit.

L'écriture et le mal

poésie — Par younisos le 18 aoà 2008 à 13:42

Dans la nuit je m'abîme en pensées assassines. Sur ma table de travail je me scie les os, me fends les viscères, allumant ma plume aux massacres stellaires, au stupre des bêtes, aux incestes lunaires, aux mille millions de décharges lubriques jaillies jadis (mais éternelles) du divin marquis virtuellement sanguinaire.
Dans la nuit je m'étripe en images écarlates, seins aveuglants, lumière qui éclate, étalant ma peau sur ma table de travail, je me fends le crâne, m'extirpe la cervelle et la jette poisseuse aux w.c. de l'univers.
Sous le soleil je gémis je triomphe -- ô azur je jubile je crève -- je suis la lumière, -- je suis la boue je m'écrase, -- je me dresse Os au zénith Phallus solaire.
Je suis déjà mort.
Et je ris.

 


rouge

poésie — Par younisos le 22 jui 2008 à 13:45

la chair
par  Younisos

 

 

M'adressant au Soleil je lui dis :

-- De mon ventre un grand couteau surgira, qui te lacérera, rat !

Tout rouge le Soleil, boursouflé, tuméfié si bizarre le Soleil, gonflant à vue d'oeil, finit par éclater.

Le sang chaud pleuvant à flots ruisselle sur l'étendue aride et poussiéreuse.


rage dionysiaque

poésie — Par younisos le 16 jui 2008 à 18:30

Je vois du sang sur l’azur ; la beauté et la lumière éclatent dans mon crâne. La lumineuse épaisseur de la chair me jette dans une fureur atroce.

Écoutez, je voudrais comprendre cette chose horrible et excessive qui irradie dans le bleu du ciel — j’ai au fond du ventre une rage qui voudrait que de mes entrailles surgisse un grand, très long couteau… un couteau assez énorme pour déchirer le soleil, ensanglanter le ciel, pour que l’azur tourne rouge vif — lumière sanglante… Azur azur azur ! — Atrocité !  — Ô azur !


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