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Rouge sang

poésie — Par younisos le 30 aoà 2008 à 12:51
Dans le soleil brille la nuit — la chair, brutale, en est le fruit — le foutre et le lait se mêlent en sursis — un monstre succulent repose dans mon lit.
La beauté assassine le peu de paix qui subsiste dans mon crâne déglingué, mort je suis, quoique la volupté triomphe dans mille milliards d’asticots et que le verbe clame encore la puissance du bleu et l’exubérance du vit sacré — volupté telle la mousse épanouie sur le désastre tellurique d’une érection atroce, lancinante — le Phallus anthropomorphe que je suis (si “être” pouvait signifier quoi que ce fût) n’est autre que le sang versé dans un océan de lait — invoquant fruits rouges et coutelas je songeais aux écarts sanglants inhérents à la splendeur sidérante des contrastes carnés — au tréfonds du mal je m’égare pour clamser autrement — au tréfonds du mal je crèverais dans la joie de rythmes subits — massacres inédits — meurtres fortuits — éclat blanc de galbes plantureux sillonnés d’écarlate — une vampire féroce dort dans mon lit — Être n’est qu’une escroquerie — je ne suis pas, pas plus que je ne suis — ainsi parlait, paraît-il, Pyrrhon le Sceptique qui n’avait rien écrit.
Une vampire, dis-je, belle et horrible, scélérate et exquise, pulpeuse et incisive, somnole dans mon lit — car l’atroce est dans le fruit, la volupté déchire, et mourir... mourir est la plus obscène des orgies — — ainsi donc je jouis, je jouis mille morts chaque nuit, suçant l’énorme téton de ma vamp jusqu’à la lie — je me shoote au lait froid de vampire — souvent dans mes rêves j’éclate de rire, mais au réveil j’ai envie de fuir, m’en aller loin dans une terre sans astre qui luit.
Ni je ni autre, je m’écrie — ni je ni autre je ris seul dans la nuit.

L'écriture et le mal

poésie — Par younisos le 18 aoà 2008 à 13:42

Dans la nuit je m'abîme en pensées assassines. Sur ma table de travail je me scie les os, me fends les viscères, allumant ma plume aux massacres stellaires, au stupre des bêtes, aux incestes lunaires, aux mille millions de décharges lubriques jaillies jadis (mais éternelles) du divin marquis virtuellement sanguinaire.
Dans la nuit je m'étripe en images écarlates, seins aveuglants, lumière qui éclate, étalant ma peau sur ma table de travail, je me fends le crâne, m'extirpe la cervelle et la jette poisseuse aux w.c. de l'univers.
Sous le soleil je gémis je triomphe -- ô azur je jubile je crève -- je suis la lumière, -- je suis la boue je m'écrase, -- je me dresse Os au zénith Phallus solaire.
Je suis déjà mort.
Et je ris.

 


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