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Cerise sanglante

poésie — Par younisos le 21 jui 2010 à 19:09

Carcasse énorme
sanguinolente

sur un lit

Cerise écarlate
sur le ventre blanc
de Julie

Grand coutelas
cuisse fraîche
sous la pluie

Julie crève
Julie jubile
Julie oublie

Le sang fait glouglou
sur la meringue
et les fruits

Un gros téton
surgit tout blanc
dans la nuit

La mort rode
la mort rode
j'en jouis.

...

 

...

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Les synapses de la nuit

poésie — Par younisos le 20 avr 2010 à 21:29

Une angoisse indécise me tiraille les fibres sensitives. Des lueurs écarlates tremblotent aux synapses de l'horreur.

La pâle obscénité d'une fesse aux reflets onctueux éclaire mon intime atrocité — dans mon crâne embrasé se dénude la blancheur (nimbée de crime) de la viande ultime.

J'ouvrirai mes tripes aux appels morbides de la nuit, je hurlerai à la rondeur assassine des tétons rebondis — j'approuverai mon déchiquetage, et la pourriture à venir.

Une angoisse imprécise me cisaille les fibres sensitives. Un be-bop strident déchire les synapses de la mort.

......

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Cosmos

poésie — Par younisos le 11 mar 2010 à 20:46

L'univers est une grosse farce obscène, fripouillerie lugubre, ridicule, matières nébuleusement foutraques, trous noirs fécaux, astres dépotoirs, Voie Lactée repue de foutre blanc — et le hic : la glaireuse humanité.

L'univers est une grasse force aveugle, stupide, putasserie brutalement muette, inconsistante et absconse, mièvrement lait et sang, soleil hideusement phallique, azur qui déchire — et la cerise : un gros sein blanc.

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Je hurlerai

par Younisos

Dans la pénombre un gros sein blanc jaillit d'une sombre robe de soie — horreur ! la stupeur est dérisoire la rage se brise en giclées muettes dans le vide du moi... La poésie est impossible. Le verbe gargouille en flux rouges écumeux, en caillots, en vocables cadavéreux.

J'attends d'être assassin.

Dans mes fibres fermentent deux mille et une morts.

Le Web perpétuera ses litanies soporifiques — mais je hurlerai, je serais l'ultime scélérat.

.......

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Volupté sanglante. Extrait d’un roman inédit. — Pour une esthétique souverainement affranchie.

roman — Par younisos le 22 nov 2009 à 13:19
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  Le sang débordant de sa bouche était l’œuvre d’art absolue, incarnée, s’épanchant sur la peau lactescente — beauté jaillissante, tranchante de contraste, sublime de puissance sensitive, telle l’horreur scintillante de l’azur atroce.

En expirant elle me fit éprouver l’ivresse suprême, d’une délicatesse extrême, pinacle de volupté extatique. (Sade avait bien raison. La brutale rupture du flux vital provoque dans la chair de la victime trucidée [et empapaoutée] une ultime vibration, d’une intensité incommensurable, qui procure au jouisseur délicatement scélérat un plaisir faramineux aussi excessif que la mort elle-même.)

J’associe la sanglante volupté à la magnificence de certaines pièces pour clavecin de François Couperin, sarabandes et allemandes lentes et amples, majestueuses.

Le sang que je lapais sur l’étincelante rotondité volumineuse et rebondie des seins blancs acheva d’amplifier mon ivresse dionysiaque : je flottais entièrement éthéré, dilaté, planant au-dessus du carnage...  ...

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La hache et la fraise

poésie — Par younisos le 11 nov 2009 à 12:44

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Une cuisse
une hache
un mur blanc
éclaboussures rouge sang.

Fraise mûre
clair azur
onze fêlures
ciel blanc.

Une cuisse
une hache
donnez une hache
pour que surgisse
sur la peau claire et lisse
le rouge carmin du vice.

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Gorge profonde et joueuse de viole. Extrait d'un roman inédit.

roman — Par younisos le 12 oct 2009 à 14:35
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Clotilde suçait divinement tout en jouant de la viole de gambe...

La viole de gambe de Clotilde était un authentique instrument d’époque.
Elle posa un baiser sur la pointe du gland qu’elle laissa glisser entre ses lèvres et pénétrer très lentement dans sa bouche. Le son grave, d’une profondeur viscérale, de la viole, vibrait au creux de la buccale volupté. La langue, si fraîche, frétillait avec la musique de Marin Marais.
L’archet frôlait mes jambes.

Sur une gavotte la suceuse s’enhardit, les ailes de son nez se mirent à palpiter, son phrasé s’enfiévra, ma volupté s’amplifia en vagues vaporeuses ascendantes, mon corps se dilata en fleuve d’ivresse — le gland toucha la gorge et je fus inondé d’une lumière blanche qui submergea tout.
(La musique baroque est la volupté même. Elle coïncide exactement avec la chair et l’ivresse des sens ; — vérité qui me fut révélée lorsqu’un jour je fis jouir à mort une grande rousse, en levrette, en écoutant les Leçons des Ténèbres de François Couperin, la voix d’Alfred Deller se mêlant aux gémissements de l’enconnée...)
La joueuse de viole goba le foutre. Je me retirai, elle tourna la page et attaqua un menuet.
— Jamais je ne l’ai entendue jouer d’une manière aussi... profonde, lança Danaé.
J’étais inerte, le vit pointant au ciel.
Danaé fit jaillir ses seins.
Les deux globes de chair lumineuse éclairèrent la salle.
...
...
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Transes

poésie — Par younisos le 22 sep 2009 à 14:40

Je chante ! la boue chante !

Crevons, buvons rouge, osons la fange !

Tremblote ouvre déchire-toi crèèèèèève !

Foutez vos cœurs dehors !

Je vous montrerai les fentes de la beauté — de mon sang je rafraîchirai vos fêlures immondes —

Qui ose encore parler d’amour et de mort ? — l’Apocalypse est déjà consumée — sur le Net se joue le deuil décalé de la Déflagration qui naguère eût mieux fait de nous réduire en poussière d’astres galeux —

Je chante ! la boue chante !

Dépecez-moi !

Je veux vivre en direct mon déchiquetage intégral, et qu’on mêle mes viscères à des grosses fraises obscènes, et que sur les débris pulvérulents de mon maigre cadavre s’éploient des coïts insensés et de monstrueux festins, et que le ciel vert se fende et dégueule des créatures gélatineuses acéphales, et que le Web soit enfin percé à jour — Web sournois dieu diffus, scélérat. 


Rage dionysiaque

poésie — Par younisos le 26 jui 2009 à 14:06

Écoutez, je voudrais comprendre cette chose horrible et excessive qui irradie dans le bleu du ciel — j’ai au fond du ventre une rage qui voudrait que de mes entrailles surgisse un grand, très long couteau… un couteau assez énorme pour déchirer le soleil, ensanglanter le ciel, pour que l’azur tourne rouge vif — lumière sanglante… Azur azur azur ! — Atrocité !  — Ô azur !

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Horrible beauté

poésie — Par younisos le 28 avr 2009 à 14:30

La beauté n'est-elle pas ce pinacle d'équilibre déchirant où la lumière est près d'éclater éclaboussant l'oeil béant du voyeur ahuri ? -- en moi geignent moult bêtes sensitives aux cervelles transies, mon clavier est charnel, du fond de mes entrailles montent des mots et des cris, mon ventre éjacule des poèmes maudits.

Dans mes os érectiles se dressent des chants telluriens, dans le stream de mon sang résonne la musique abyssale de Dionysos sans mesure ni lien.

Ainsi s'épanouit en pointe l'horreur sensorielle, éclat blanc de seins levés vers le ciel, seins gorgés du lait de la terre, rayonnants de sublime lumière.

Ainsi l'effluve ondoyant d'une sombre chevelure éployée dans la brise du soir.
Ainsi le sang vespéral, et la lune lactescente nue dans le noir.

Ainsi l'horreur scintillante émanant d'une oeuvre d'art, et la prose sanglante du poète furibard, et l'exubérance d'une toile aux allures d'abattoir.

La beauté n'est-elle pas ce mystère d'équilibre rageant où la chair s'illumine en gloire, où la peau cruelle du réel se laisse enfin voir ?

   



Illumination

poésie — Par younisos le 05 avr 2009 à 23:01

Une onde de délire parcourt l’univers.

Dionysos en gloire surgit dans l’or et l’azur des massacres stellaires.

Blés au soleil — ô jaune extrême du mutilé visionnaire ! — Je vois le jaune de l’extatique Van Gogh que j’approuve du tréfonds des viscères.

Yeux béants je brûle du feu solaire.

Le blanc laiteux palpite au ras de la chair — sur les divines courbes de la femme tremble la lumière, déluge de sève suc et pulpe de la terre.

L’azur ruisselle ni père ni mère jaillit le ciel jaillit la mer.


Lumières sanglantes

poésie — Par younisos le 05 fé 2009 à 21:23

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Sur ma table de travail, gît un porc écorché. Parmi les feux du ciel frétillent des biftecks, et des seins tranchés. Dans la lumière, pétille le rire vermeil de onze mille belles éventrées.

Au creux du soleil une vulve étincelle, étrange fêlure, nimbée d’or et d’azur. Scintillent le bleu du ciel et des carnes sanglantes, et les blancs viscères de matrones mutantes.

La terre s’ouvrant, des phallus effroyables s’élancent dans les airs, par flots le sang éclabousse l’atmosphère, l’humaine raison vacille et se perd, la vie triomphe écarlate et solaire — ma rage explose embrasant l’univers.

 Sur le lit blanc, gît une tête de porc — parmi la fraise et la crème rayonnent deux lèvres fraîches, et le goût de la mort.  Au creux de mon crâne un grand massacre se déchaîne, par ondes et flots le Mal fuse dans mes veines ; dans l’azur limpide je vois un bœuf écorché, et des gros seins blancs de pulpe gorgés — quand je dors j’ai souvent la gorge tranchée, dans mes rêves s’élèvent onze mille belles égorgées.

Ma tête enfle et éclate le sang gicle et ruisselle — ma sève s’épand par les trous du réel.

Parmi les cerises meringuées je vois d’amples hanches crémeuses, et une langue de porc — sur le lit blanc gît une tête de mort. Au cœur de la nuit molle et vaporeuse je vois des fesses hautes et laiteuses, et le sperme lunaire en giclées nébuleuses. Aux étoiles se mêle onctueuse la mamelle plantureuse d’une goule fougueuse, tandis qu’au zénith s’illuminent des chairs cambrées, bouches sanguines et rondes croupes lactées.

La lune enfle et éclate le lait fuse et ruisselle, ma rage se dilate en strip-tease du réel.

Sous le ciel blanc, rutile la viande carmin de onze mille nymphes désossées. Dans les ténèbres célestes frétillent des rumstecks, et des reins tranchés. Sur ma table de travail, gît une femme égorgée.

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Le ver et le néon. Extrait d'un roman inédit

roman — Par younisos le 21 dé 2008 à 21:39

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Je creusais pour ouvrir dans la terre la béance qui m’attirerait dans d’autres outrages — la littérature n’est qu’ersatz quand le possible s’incarne sensible... Je creusais quand apparut un gros ver blanc. Je m’immobilisai. Le ver luisait sous la luminescence du néon, il rampait doucement, solitaire, blanc sur la terre sombre fraîchement retournée dont l’odeur forte et vaguement fécale emplissait la chambre. J’étais inerte dans la pure présence, contemplant le ver, — ver gras, d’une blancheur abominable, chair poisseuse, de plus en plus nette sous mes yeux, flagrante. Je frissonnai et une angoisse atroce que je connaissais bien affleura en moi. D’un coup de pelle j’écrasai la bête immonde.

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Azur et volupté (ou la double Rage dionysiaque de Younisos)

poésie — Par younisos le 05 dé 2008 à 21:12

  

 Quand furtivement j’aperçois, au coin d’une rue, la beauté d’une femme, sublime et crue, s’illumine en moi l’Apparition de la chair, épiphanie éphémère, couleurs tremblées en galbes et lumières.

Quand je contemple fixement le bleu du ciel, il gicle en moi une atroce déchirure, rageuse fêlure, joie abominable, euphorie improbable, plénitude sensorielle frôlant de trop près l’infini insondable.

— Par-delà bien et mal, la lumière est fatale.

Quand je contemple fixement la nudité miraculeuse d’un sein lourd et beau, d’un sein pâle et cruel, éclate en moi un déluge mystique d’extase sensuelle — ainsi scintille la splendeur charnelle, ainsi la volupté éclôt et ruisselle.

Quand je perçois longuement l’étrange limpidité de l’azur, il surgit en moi une soudaine envie de fuir tous les murs, m’en aller sans papiers sans argent, sans raison ni vêtements, m’en aller fol et sauvage vers d’impossibles rivages, hurlant ma rage.

— Par-delà bien et mal, la lumière est létale.  

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Le rythme viscéral du Mal

poésie — Par younisos le 08 nov 2008 à 21:59

En moi enfle un chant brutal, quête du rythme primordial du Mal — je vois des chairs rutilantes et des pals, splendeurs bestiales, saignées musicales.

En moi vibre un chant viscéral — j’ouvre mon ventre aux cadences sidérales, je m’écartèle, me dépèce en giclées cérébrales, j’aspire à moult déflagrations cervicales et autres orgies intégrales. 

En moi fuse un cri vital, en moi fuse un élan cannibale, quand je vois surgir la lumière délétère d’une beauté létale.

En moi hurlent des loups noirs et des monstres acéphales — ma folle érection est fatale, mon foutre s’élance fulminant vers les étoiles.

Sous la lune je m’étale sur le galbe froid de l’opale, en moi monte un râle, je meurs de volupté, clamsant au rythme crucial du Mal, invitant au régal les vautours et les chacals.  

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La lune lactescente nue dans le noir

poésie — Par younisos le 11 oct 2008 à 14:12

Dans les Mille et Une Nuits les belles ont la peau laiteuse et la chevelure aussi sombre que la nuit. Ainsi parmi les ténèbres la pleine lune luit, et d’un décolleté de soie noire la lumière jaillit, et le ciel flamboie quand le jour s’évanouit — ainsi fuse une violence inouïe du doux baiser fortuit.

Je boirai le mal jusqu’à la lie.

Nuitamment dans un cimetière surgit la lueur singulière d’une bougie, au chevet d’une tombe éclairée tel un lit, et la chair pâle d’une femme belle aux longs cheveux d’ébène, étalée, sans vie.

D’une blancheur lunaire, les seins fermes pointant vers le ciel firent fulminer de blancs éclairs dans mon crâne transi.

Ainsi donc je contemplais fixement le corps nu, quand la cuisse de la morte tressaillit, les narines frémirent et un œil, noir, s’ouvrit.

Je boirai l’horreur jusqu’à la lie.

Ainsi dans la fureur et la rage je jouis, je suis mille fois mort et j’écris, l’azur me hante et je me délecte de pluie — ainsi giclent le sang et la sève du carnage et du fruit. Dans les Mille et Une Nuits les belles ont la peau laiteuse et les yeux aussi noirs que la nuit.


Mort je triomphe

poésie — Par younisos le 30 sep 2008 à 23:03

                                                                à  Marc-Edouard  Nabe

Le Commandeur m'enfonçant un épieu dans le ventre me dit ricanant:
-- Crève! assassin des astres! charogne des arts! fils des caniveaux célestes!

Déchiquetées mes tripes rutilent clapotantes hors de ma peau, lourdes de fiel gras. Mon sang s'épand en rigoles sous le ciel blanc.
Jouissant de ma mort je chante, louant la déesse Pourriture, tandis que ma cervelle éclatée gicle vers les firmaments.

 

 


Dionysos est un porc

poésie — Par younisos le 08 sep 2008 à 23:07

Mort.

Une rage tellurienne ébranle mes nerfs, j’ai la moelle érectile, je darde mes os dans le sel noir de la terre. Je suis déjà mort.

Je suis Dionysos, je suis un porc, une ivresse sensitive inonde mes pores. En moi giclent des visions lacunaires : une cuisse, une caresse, une carcasse, un coutelas — un éclair. Aurore ! — Azur et or ! Egorgez-moi ! je dors.

Une fesse, une gigue, un gigot, un melon — un pieu. Une onde de délire s’éploie dans les cieux, les astres se consument  en coïts furieux. En moi enfle un chant féroce, champs noirs, bonheur atroce. 

Je suis Dionysos, je suis un porc, je jubile, je jouis de ma mort — saignez-moi, dépecez mon corps.

Mort, mille fois mort. 

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Rouge sang

poésie — Par younisos le 30 aoà 2008 à 12:51
Dans le soleil brille la nuit — la chair, brutale, en est le fruit — le foutre et le lait se mêlent en sursis — un monstre succulent repose dans mon lit.
La beauté assassine le peu de paix qui subsiste dans mon crâne déglingué, mort je suis, quoique la volupté triomphe dans mille milliards d’asticots et que le verbe clame encore la puissance du bleu et l’exubérance du vit sacré — volupté telle la mousse épanouie sur le désastre tellurique d’une érection atroce, lancinante — le Phallus anthropomorphe que je suis (si “être” pouvait signifier quoi que ce fût) n’est autre que le sang versé dans un océan de lait — invoquant fruits rouges et coutelas je songeais aux écarts sanglants inhérents à la splendeur sidérante des contrastes carnés — au tréfonds du mal je m’égare pour clamser autrement — au tréfonds du mal je crèverais dans la joie de rythmes subits — massacres inédits — meurtres fortuits — éclat blanc de galbes plantureux sillonnés d’écarlate — une vampire féroce dort dans mon lit — Être n’est qu’une escroquerie — je ne suis pas, pas plus que je ne suis — ainsi parlait, paraît-il, Pyrrhon le Sceptique qui n’avait rien écrit.
Une vampire, dis-je, belle et horrible, scélérate et exquise, pulpeuse et incisive, somnole dans mon lit — car l’atroce est dans le fruit, la volupté déchire, et mourir... mourir est la plus obscène des orgies — — ainsi donc je jouis, je jouis mille morts chaque nuit, suçant l’énorme téton de ma vamp jusqu’à la lie — je me shoote au lait froid de vampire — souvent dans mes rêves j’éclate de rire, mais au réveil j’ai envie de fuir, m’en aller loin dans une terre sans astre qui luit.
Ni je ni autre, je m’écrie — ni je ni autre je ris seul dans la nuit.

L'écriture et le mal

poésie — Par younisos le 18 aoà 2008 à 13:42

Dans la nuit je m'abîme en pensées assassines. Sur ma table de travail je me scie les os, me fends les viscères, allumant ma plume aux massacres stellaires, au stupre des bêtes, aux incestes lunaires, aux mille millions de décharges lubriques jaillies jadis (mais éternelles) du divin marquis virtuellement sanguinaire.
Dans la nuit je m'étripe en images écarlates, seins aveuglants, lumière qui éclate, étalant ma peau sur ma table de travail, je me fends le crâne, m'extirpe la cervelle et la jette poisseuse aux w.c. de l'univers.
Sous le soleil je gémis je triomphe -- ô azur je jubile je crève -- je suis la lumière, -- je suis la boue je m'écrase, -- je me dresse Os au zénith Phallus solaire.
Je suis déjà mort.
Et je ris.

 


La chair et le couteau -- Extrait d'un roman inédit

roman — Par younisos le 24 jui 2008 à 13:59

 

 

La belle endormie était là ramenée à la pure présence, charnelle épaisseur, silencieuse, ici et maintenant étalée.

De ses cheveux roux émanait une douce fragrance, sucrée, crémeuse.

Frôlant de mon nez sa chevelure je la humai profondément de sorte que, l’effluve me pénétrant jusqu’à la moelle, je fus saisi d’un délicieux vertige. Enivré d’effroi et de volupté, effleurant de ma main tremblotante sa poitrine à travers le drap, j’éprouvai la tiède plénitude de la chair. Sous l’estivale couverture sa très fine chemisette était partiellement déboutonnée : d’un petit geste je dénudai aisément le téton gauche sans la réveiller.

Le sein apparut tout rond, plein, inerte, d’une blancheur crue, lunaire. Beau et atroce.

Le couteau avec lequel elle avait découpé le saucisson reposait innocemment sur une petite étagère de bois beige.


L'astre rat

poésie — Par younisos le 22 jui 2008 à 13:45

la chair
par  Younisos

 

 

M'adressant au Soleil je lui dis :

-- De mon ventre un grand couteau surgira, qui te lacérera, rat !


la chair

littérature — Par younisos le 12 jui 2008 à 12:38

La chair

 Une bouche, une pine, un pilon de poulet, un parapluie, une bouche d’incendie —

La vie n’est-elle pas une piètre farce bien atroce, d’un comique lamentable, imbroglio de scénarii grotesques, cruelles occurrences ?... et puis hors la banalité : l’excès : éveil tragique — beauté horrible, lumière létale, ivresse vertigineuse au-dessus du gouffre innommable, pourriture, asticots scintillants.

Ainsi le cloaque sensitif ouvre sur l’immensité immonde : ivresse sans nom de ce qui se défait, s’affale et s’écoule en dessous.

Fécale éruption.  Il faut imaginer d’énormes charognes sanguinolentes surgissant lentement du ciel bleu. La furie secrète, muette et anale éclate, solaire. L’azur est une immense putréfaction, la plus pure. Le bleu, déféquant sur des milliards d’yeux, les rince. La vision renaît et s’allume sous la fiente cosmique. Impossible d’escamoter la Boucherie. L’abominable apparaît abominable, et l’ignoble ignoble, — et le beau, immonde.

Dans la fureur, les hurlements, rages d’une joie atroce — le sang est ivresse. Des orgues d’une cathédrale jaillit et ruisselle une musique abyssale : cet excès de splendeur est comparable à l’immondice en ce qu’elle est excès, et à la chair d’une frêle jeune fille en ce qu’elle est excessivement douce.

L’éclat cru d’un gros sein blanc est une insulte à la prudence, un démenti de la raison, fond laiteux pour des rigoles de sang, orage de déflagrations hilares éclaboussant la gueule à ceux qui pensent à demain.

 


Ni je ni autre

littérature — Par younisos le 07 jui 2008 à 14:31

Ni je, ni autre.

J’exècre le soleil ! Je lui verserai mon sang sur la gueule !

Je ne suis pas moi. Je suis l’Os.

Dionysiaque.

Je ne me laisserai pas engloutir par la carne globale.

Rien à attendre, rien à penser.

Être et temps sont les déjections de l’humanité. Sur je et moi, s’édifient des balivernes universelles.

Ainsi donc plusieurs fois mon crâne explosa, sans que j’en crève. Enfin... je suis peut-être déjà crevé... je n’en sais rien. Je ne sais rien. Des images s’allumaient, et des sons, des orgues, seins aveuglants, beauté déchiquetée, et l’azur.

Je ne sais rien.

Ni père, ni mère — Anti-Œdipe incarné, fêlure sous l’azur cruel, mes yeux increvables béaient sur la lumière crue du monde.

Au commencement surgissait le cercle vicieux, flagrant et sans issue, criant à tue-tête qu’il est impossible de savoir quoi que ce fût.

Autrement dit, tout repose sur rien.

Le cogito  cartésien (je pense donc je suis) est une formidable foutaise. "Je pense", ça ne prouve rien, ça ne fonde rien, rien du tout... Si vous partez de rien, vous y restez. Vous découvririez simplement toute la plénitude du rien : que le rien est tout, que rien ne peut rien fonder, et qu’il n’y a rien à savoir.

Le doute qui n’embrasse pas la totalité est une escroquerie ou un tour de passe-passe. La totalité embrassée par le doute est rien. Ce rien est indépassable : c’est le scepticisme radical.

* *

*

Exempt de toute créance le vécu jaillit déchaîné, débauche de sensations illuminées.

Je vois du sang sur l’azur ; la beauté et la lumière éclatent dans mon crâne.

Écoutez, je voudrais comprendre cette chose horrible et excessive qui irradie dans le bleu du ciel — j’ai au fond du ventre une rage qui voudrait que de mes entrailles surgisse un grand, très long couteau… un couteau assez énorme pour déchirer le soleil, ensanglanter le ciel, pour que l’azur tourne rouge vif — lumière sanglante… Azur azur azur ! — Atrocité !  — Ô azur !

* *

*

Depuis des lustres j’erre sur des frontières létales.

Au gibet, pendu haut et court j'éjacule mais ne meurs pas.

Je suis à peu près une charogne. (Il faut imaginer une charogne belle et ithyphallique.)

J’éploie ma carcasse, immonde, et, de mes doigts putréfiés je souille un clavier déglingué, gluant, couvert d’excroissances incarnadines.

Mon clavier est charnel, fait de mort et de stupre.

Je suis néanmoins un bel Os.

Je suis Dionysos.

Dressé je ris — déjà mort je triomphe — je ris étreignant le soleil !

Mort je suis, je jubile ! -- rien — Os — Phallos — j’ose ! 

Dans le fracas solaire je crie sans écho : JE NE SAIS RIEN.

Ni je, ni autre.

Rien.

 


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