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Younisos publie un livre

poésie — Par younisos le 21 mai 2014 à 23:42

 

CARNAGE SENSITIF,

le nouveau livre de Younisos

disponible ici :

http://www.edilivre.com/carnage-sensitif-20a52d237d.html

CARNAGE SENSITIF de Younisos 

Recueil de textes courts, prose et poésie. — 154 pages.

Tranche de chaos sanguinolent, azur déchiqueté, gros seins aveuglants, massacres sensoriels déferlant en flux de charnelles explosions, grand Os tranchant, orgie cosmique de carcasses géantes. La lumière d’une cuisse. Le silence.

 


Une tranche d'érotisme figée en contemplation esthétique génère l'apparition monstrueuse de la viande en soi.
Un gros sein blanc.
Le silence.


 



Tortures duvetées

poésie — Par younisos le 04 avr 2014 à 22:51

 

… … le coutelas s’applique d’emblée à ses propres fibres qu’il déchire une à une  finissant en floraison de délices carnées  ma carne et mon sang dégoulinent sur mes murs  — défoncé au free jazz je bande égorgé — cette chair ondulante en vagues de lumières ondoyantes et courbes veloutées fulgurantes fuselées ascendantes de la femme écarlate —  tout pulpe Vénus donne à voir en giclées ses délices le matin assassin chantonne sa chaconne térébrante dans les plis torturés des viscères la tiédeur des entrailles se mue en caillots pétrifiés appelant au massacre — des oiseaux azurés font des trous argentés dans le flot chaviré des boyaux


à laper  la laiteuse

dont les fesses fleurissent perchées —

 

extase et  rage s’entremêlent

fluant retombant en sèves givrées  et musiques morcelées  — éclairs déferlant et galbes duvetés une caresse... éclatée — la lame crissante du silence cisaille le flux et Mary trempe ses macarons dans le sang frais de Clotilde… ô mon doux cadavre... je jouis...

 

Extrait de Carnage Sensitif de Younisos

http://www.edilivre.com/carnage-sensitif-20a52d237d.html

 


http://www.edilivre.com/carnage-sensitif-20a52d237d.html

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Links to read Younisos in english

poésie — Par younisos le 19 fé 2014 à 12:12

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 2  links to read some texts of Younisos in english :

http://younisos.blogspot.com/

https://www.facebook.com/younisos.poet

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Interzone

poésie — Par younisos le 14 dé 2013 à 00:17

Tanger est la fente pinéale de l’Afrique. Fêlure géographique, désaxée, déjetée, toujours ailleurs, échappant à elle-même. Elle est à la fois solaire et glauque, morbide et illuminée, charnelle, limpide, interlope, onirique. Belle et immonde. Elle n’existe pas. C’est un songe toujours ramené par le sempiternel vent d’est.

Tangier is the pineal slot of Africa.  —  Geographic crack, skewed, lopsided, always elsewhere, beyond itself.  Solar and creepy, morbid and enlightened, fleshy, limpid, shady, oneiric.  Beautiful and filthy.  —  Tangier doesn’t exist. It’s a dream brought by the perennial east wind.


http://www.edilivre.com/carnage-sensitif-20a52d237d.html

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La sérénade de l'égorgé

mur gris agonie je jouis ahuri
gorge trouée lame rouillée
coutelas sans éclat

lueur acéphale

fêlant

la douce aphonie
du pal

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Schizo-trip/es

poésie — Par younisos le 13 dé 2013 à 01:18

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Une lame radicale étend son platine glacé
sur mes os sciés —

des boyaux schizoïdes
hurlent un free jazz charcuté :
ultime aphonie lymphatique —

et mes glandes effarées
se défont
en crachotements ioniques
tranchant le chant synaptique
de l’esthétique démembrée.


Extrait de CARNAGE SENSITIF de Younisos

http://www.edilivre.com/carnage-sensitif-20a52d237d.html

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azur

poésie — Par younisos le 31 oct 2013 à 13:28

 

http://www.edilivre.com/carnage-sensitif-20a52d237d.html

... le ciel bleu est un appel au massacre, une insulte à la prudence, un démenti de la raison, fond bleu pour des rigoles de sang, énorme pet en réponse à ceux qui pensent à demain —

 


Younisos

poésie — Par younisos le 04 sep 2013 à 19:23

https://www.facebook.com/younisos.ecrivain

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Mon ventre est une bête vorace, avide de tremblements ;

il dégueule des chapelets d'atrocités,

des bordées de terreur trémulant,

d'angoisse sensitive,

sans objet —

 

juste pour la joie assassine

du massacre sensoriel

du chant térébrant

du trou écarlate

dans le crâne

du présent.



Extrait de Carnage Sensitif, disponible ici :

http://www.edilivre.com/carnage-sensitif-20a52d237d.html

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Viens...

poésie — Par younisos le 04 sep 2013 à 19:19

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Tu veux l’Os ?

Viens !

Tu seras pulvérisée.

Tes fibres sensitives éclateront dans le blanc frémissement du jour.

Ta bouche tremblera en flots palpités     mille vortex sensoriels ahuris.

Le viscéral, l’ultime osseux empalement embrasera le tréfonds paniqué de tes boyaux suppliciés.

Tu veux ?

Viens...

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La nuit

poésie — Par younisos le 31 2013 à 16:25

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Younisos

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Dans la nuit je m'abîme en pensées assassines. Sur ma table de travail je me scie les os, me fends les viscères, allumant ma plume aux massacres stellaires, au stupre des bêtes, aux incestes lunaires......
- 

 .

 


une cuisse

poésie — Par younisos le 04 2013 à 21:36

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Un énorme foie de bœuf

rutilant

s’écrase pantelant

dans la blanche et plane immensité

du silence

 

et s’étire  se triture

en bulles vermeilles en cerises en crachats écarlates

fins filets de désir

visions féroces d’éclats

carrelage à néon

où s’étale

la froide luminescence

d’une claire cuisse

 

une cuisse

vouée au coutelas. 

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délire maxillaire

poésie — Par younisos le 12 jui 2013 à 00:52

 

 

Mon crâne

là-haut très haut

bande

et éclate en éclairs écarlates.


Ma queue

folle et hallucinée

chante à tue-gland

dans la bouche meringuée du bonheur.

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http://www.edilivre.com/carnage-sensitif-20a52d237d.html

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joie létale

poésie — Par younisos le 26 jui 2013 à 15:33


Je recrache des soleils, des morceaux exquis au laiteux incarnat — ma rate sur l’étal, mes doigts suscitant des désirs félins.

——


trip OSseux

poésie — Par younisos le 26 jui 2013 à 15:22

Au ras du beau ruisselle le massacre.

Le silence, souverain, illumine l’écartèlement de clavicules bientôt explosées.

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Moelle sanglante

poésie — Par younisos le 22 mar 2013 à 10:39



Des cartilages géants claquent craquent — voies rectales d’horizons carnassiers — ossature opaline de laiteux flamboiements.

Un Os faramineux se fait sauter le Gland — et éclate en giclées de moelle écarlate.

Extrait de Carnage Sensitif

http://www.edilivre.com/carnage-sensitif-20a52d237d.html
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poésie — Par younisos le 27 dé 2012 à 23:32

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Atroce.

La vacuité est insoutenablement pleine à craquer ...

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Métamorph-Os-is

poésie — Par younisos le 03 fé 2012 à 00:56

 

Je suis Ithuphall-Os, le grand Os au Gland coupant...

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bloody sky

poésie — Par younisos le 13 2011 à 21:27

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Ma soif de sang est incommensurable, à la (dé)mesure de l'azur immense qui m'assassine chaque matin.

L'azur est la déliaison du flux.

La lumière m'explose en blanches bordées éployées dans le silence sensoriel d'une cuisse.

 ...

 

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Ithuphallos

poésie — Par younisos le 05 2011 à 00:30

  Younisos

https://www.facebook.com/younisos.ecrivain

 

 

 


Un sein

littérature — Par younisos le 28 jui 2011 à 00:06

C'est hallucinant comme la lumière se concentre  et flamboie épurée sur la douce rotondité d'un sein... comme le contraste fait jaillir du noir la féerique blancheur lunaire d'un sein... comme la ronde pâleur d'un sein vous fait caresser du regard cet abîme sensoriel qu'est la beauté... et vous laisse un goût de béance sur l'infini... 

 

 

La beauté n'est-elle pas ce pinacle d'équilibre déchirant où la lumière est près d'éclater éclaboussant l'oeil béant du voyeur ahuri ?

...

...

 


Transes

poésie — Par younisos le 13 mar 2011 à 01:57

  

Je chante ! la boue chante !
Crevons, buvons rouge, osons la fange !
Tremblote ouvre déchire-toi crèèèèèève !
Foutez vos cœurs dehors !
Je vous montrerai les fentes de la beauté — de mon sang je rafraîchirai vos fêlures immondes —
Qui ose encore parler d’amour et de mort ? — l’Apocalypse est déjà consumée — sur le Net se joue le deuil décalé de la Déflagration qui naguère eût mieux fait de nous réduire en poussière d’astres galeux —
Je chante ! la boue chante !
Dépecez-moi !
Je veux vivre en direct mon déchiquetage intégral, et qu’on mêle mes viscères à des grosses fraises obscènes, et que sur les débris pulvérulents de mon maigre cadavre s’éploient des coïts insensés et de monstrueux festins, et que le ciel vert se fende et dégueule des créatures gélatineuses acéphales, et que le Web soit enfin percé à jour — Web sournois dieu diffus, scélérat.

 

 


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Tanger sanguinolente

littérature — Par younisos le 01 dé 2010 à 21:24

  

   Tanger est la fente pinéale de l’Afrique. Fêlure géographique, désaxée, déjetée, toujours ailleurs, échappant à elle-même. Elle est à la fois solaire et glauque, morbide et illuminée, charnelle, limpide, interlope, onirique. Belle et immonde. Elle n’existe pas. C’est un songe toujours ramené par le sempiternel vent d’est.

 Ici, à midi, les murs blanchis à la chaux sont des appels au massacre.
 
Le bleu chante, la boue rutile et chatoie. 
Le ciel est d’azur, la lumière triomphe, la chaux est si blanche. — Et mon crâne revendique l’implacable mécanique des oranges. 
 
  

 Longtemps j’ai hurlé à l’immensité azurée, ici et ailleurs plus au nord j’ai hurlé, maudissant le soleil, fustigeant le silence des cieux, riant aux éclats blancs du firmament. 

De retour à Tanger j’exulte d’horreur. Car Tanger, bien réelle, est aussi horrible que belle. Regardez sa lumière : le bleu et le blanc, telles de longues lames scintillantes, me charcutent les viscères. 

 

L’azur me hante, et je vois dans le ciel des rigoles écarlates. Je ne rêve point : la lumière est sanglante, le soleil écartèle les Colonnes du détroit et viole chaque matin la mer à plat ventre. 

 

 Sous le ciel scélérat vibre la ville, et frémit, s’ouvre, se donne, blanche et charnelle, palpitante. 

Des flots de formes galbées tortillant des hanches cheminent ondulantes, frétillantes, épanouies. Le flamboiement solaire, cruel et obscène, éclaire d’opulentes rondeurs. De rues en ruelles, fleurissent des pans de peau nue, croupes ondoyantes, rotondités rebondies affluant vers l’artère principale, où l’érotisme âcre et vénal s’exacerbe en show urbain, en étal de chairs ambulantes. 

 

La lumière et le vent de l’illustre détroit vouent la ville à un sort tragique, lubrique, incertain. 
À Tanger ma rage, cosmique, prend corps dans la cité. J’écris le carnage tectonique des plaques désunies, des chairs lacérées, du schisme antédiluvien. 

 

Le détroit, énorme déchirure tellurique, telle la fente fauve et béante d’une créature atrocement voluptueuse, affreusement belle et succulente, le détroit de Gibraltar, dis-je, est hautement libidinal. Il charrie le désir du nord et du sud, mêle les vents, croise les courants, brasse les corps, et avale les cadavres des rêveurs concupiscents. 
Bouche à bouche le désir et la mort s’embrassent pantelants sous l’azur excessif. Et je crie et j’écris à la démesure de l’excès. 

  

Cette lancinante obsession de la chair et de la lumière, je dois en clamser un jour ou l’autre, c’est ma mort quotidienne que je porte en mon crâne, furie rubiconde sous l’écume du temps. 

Si j’écris, c’est que la lumière me fait endêver ; je jubile en cadence je fais rager les mots. Dans mes fibres résonne une sarabande multiséculaire. J’aspire au rythme dionysiaque des entrailles et des astres. 

 

Narrant des massacres solaires, je me scie les os sur ma table de travail, tordant nuitamment des épithètes cependant que dehors un pauvre gus défoncé regagnant la médina brise sa bouteille sous ma fenêtre, vocifère contre son ombre, s’acharne sur un rideau de fer, jure, dégueule, geint, se tait, soupire, s’efface dans la nuit. Alors seul je poursuis, enivré de visions sanguinolentes, ouvrant mes sens à des fêlures improbables, je me fends les tripes et me damne et rugis en silence, pour une phrase. Une phrase. 
Écrivant à Tanger, mythique Interzone, je baigne dans le mal et je vois. 

 

Je vois le fond luxurieux et putride des murs blancs. Je vois la face noire et lascive de la lumière, et le stupre au ras des pavés neufs, et la chair éployée triomphale ; je vois des monceaux pléthoriques de morceaux potelés, et des gros vers blancs, et des larves énormes, et des plaies sanieuses à l’horizon. 
Ici je bois le mal à la source, je m’ouvre au sanglant ondoiement lumineux ; et j’écris pour éclabousser de ma fange leur ciel, leur ciel à eux, fadasse, rassurant, prétendument innocent. 

  

La normalité sous un ciel honnête, la vie qui fonctionne, consomme, communique, se conserve, espère, la vie normale, dis-je, est une moisissure écœurante, poisseuse chiennerie, gluante, asphyxiante. 

Le flux des jours n’est-il pas une farce bien piètre, d’un comique lamentable, imbroglio de scénarii grotesques, navrantes occurrences ?... 

 

La vie humaine, hélas, n’est viable que châtrée. 
La raison pratique, le bon sens forment un voile émollient qui préserve les honnêtes gens de la monstrueuse obscénité de l’univers. 

 

Pour peu que surgît un brin de charnelle lucidité, le vécu se dévoile tout cru, bel et bien risible et atroce. 
Tragique, l’éveil n’implique nulle sérénité. 
La lumière crève les yeux comme la foudre un rat égaré. Les choses, telles quelles, sont nues, menaçantes et têtues. Une vision, une idée, une sensation glissent subitement, divaguent, mutent, ouvrent sur l’infini effrayant. 
La béance, l’étrange altérité, l’indéfinie pluralité de Tanger en font une cité propice aux fêlures, aux excès, aux fureurs sensorielles des rares esthètes enragés, lesquels, regardant le soleil en face, en voient l’envers purulent : ils scrutent l’irruption du mal, le giclement de la beauté, et autres abominations illuminées ; les nerfs plongés dans la boue, ils tendent le crâne au zénith, assumant les entrailles de la terre et le feu du ciel. Ils sont quelques uns, rebelles sans projet, esseulés dans la foule moutonnière des consommateurs connectés. Enivrés de lumière, ils gardent encore dans la bouche le goût du sang, l’immémorial goût du présent, de l’instant vivant, du flux jaillissant. 

 

 alt





 

 

 


Ma tête enfle et éclate le sang gicle et ruisselle — ma sève s’épand par les trous du réel.

poésie — Par younisos le 16 nov 2010 à 01:00

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Apparition

poésie — Par younisos le 09 nov 2010 à 01:09

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Gorge profonde et joueuse de viole. Extrait d'un roman inédit de Younisos

roman — Par younisos le 12 oct 2009 à 13:35
  ... 
 
Clotilde suçait divinement tout en jouant de la viole de gambe...

La viole de Clotilde était un authentique instrument d’époque.
Elle posa un baiser sur la pointe du gland qu’elle laissa glisser entre ses lèvres et pénétrer très lentement dans sa bouche. Le son grave, d’une profondeur viscérale, de la viole, vibrait au creux de la buccale volupté. La langue, si fraîche, frétillait avec la musique de Marin Marais.
L’archet frôlait mes jambes.

Sur une gavotte la suceuse s’enhardit, les ailes de son nez se mirent à palpiter, son phrasé s’enfiévra, ma volupté s’amplifiant en vagues vaporeuses ascendantes, mon corps se dilatant en fleuve d’ivresse — le gland toucha le pharynx et je fus inondé d’une lumière blanche qui submergea tout.
(La musique baroque est la volupté même. Elle coïncide exactement avec la chair et l’ivresse des sens ; — vérité qui me fut révélée lorsqu’un jour je fis jouir à mort une grande rousse, analement en cuillère, en écoutant les Leçons des Ténèbres de François Couperin, la voix d’Alfred Deller se mêlant aux gémissements de l’enculée...)
La joueuse de viole goba le foutre. Je me retirai, elle tourna la page et attaqua un menuet.

— Jamais je ne l’ai entendue jouer d’une manière aussi... profonde, lança Danaé.
J’étais inerte, le vit pointant au ciel.
Danaé fit jaillir ses seins.
Les deux globes de chair lumineuse éclairèrent la salle.
Mon érection persistait exacerbée.
Du bout du gland j’effleurai doucement la peau des seins de la divine Danaé, un tremblement traversa ma moelle et mes os, je savourais — dans un déchirement de volupté — la plénitude.

Danaé sifflait les grands crus au goulot. La musique ruisselait. Du fond de ses entrailles Henry poussa un alléluia dément et s’agenouilla près de la viole. Il glissa sa tête dans la jupe pour lécher le con de Clotilde qui interprétait majestueusement une allemande de Rameau.

La musique baroque épouse les ondoiements de l’extase charnelle et dilate l’ivresse érotique en vagues sensorielles, en ruissellements cœnesthésiques. 
 

 ...
 
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Rage dionysiaque

poésie — Par younisos le 26 jui 2009 à 13:06

Écoutez, je voudrais comprendre cette chose horrible et excessive qui irradie dans le bleu du ciel — j’ai au fond du ventre une rage qui voudrait que de mes entrailles surgisse un grand, très long couteau… un couteau assez énorme pour déchirer le soleil, ensanglanter le ciel, pour que l’azur tourne rouge vif — lumière sanglante… Azur azur azur ! — Atrocité !  — Ô azur !

......

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Lumières sanglantes

poésie — Par younisos le 05 fé 2009 à 20:23

——

Sur ma table de travail, gît un porc écorché. Parmi les feux du ciel frétillent des biftecks, et des seins tranchés. Dans la lumière, pétille le rire vermeil de onze mille belles éventrées. 

Au creux du soleil une vulve étincelle, étrange fêlure, nimbée d’or et d’azur.

La terre s’ouvrant, des phallus effroyables s’élancent dans les airs, par flots le sang éclabousse l’atmosphère, l’humaine raison vacille et se perd, la vie triomphe écarlate et solaire — ma rage explose embrasant l’univers. 

Sur le lit blanc, gît une tête de porc — parmi la fraise et la crème rayonnent deux lèvres fraîches, et le goût de la mort. Au creux de mon crâne un grand massacre se déchaîne, par ondes et flots le Mal fuse dans mes veines ; dans l’azur limpide je vois un bœuf écorché, et des gros seins blancs de pulpe gorgés — quand je dors j’ai souvent la gorge tranchée, dans mes rêves s’élèvent onze mille belles égorgées. 

Ma tête enfle et éclate le sang gicle et ruisselle — ma sève s’épand par les trous du réel. 

Parmi les cerises meringuées je vois d’amples hanches crémeuses, et une langue de porc — sur le lit blanc gît une tête de mort. Au cœur de la nuit molle et vaporeuse je vois des fesses hautes et laiteuses, et le sperme lunaire en giclées nébuleuses. 

La lune enfle et éclate le lait fuse et ruisselle, ma rage se dilate en strip-tease du réel. 

Sous le ciel blanc, rutile la viande carmin de onze mille nymphes désossées. Dans les ténèbres célestes frétillent des rumstecks, et des reins tranchés. Sur ma table de travail, gît une femme égorgée. 

——

 

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Le ver et le néon. Extrait d'un roman inédit

roman — Par younisos le 21 dé 2008 à 20:39

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Je creusais pour ouvrir dans la terre la béance qui m’attirerait dans d’autres outrages — la littérature n’est qu’ersatz quand le possible s’incarne sensible... Je creusais quand apparut un gros ver blanc. Je m’immobilisai. Le ver luisait sous la luminescence du néon, il rampait doucement, solitaire, blanc sur la terre sombre fraîchement retournée dont l’odeur forte et vaguement fécale emplissait la chambre. J’étais inerte dans la pure présence, contemplant le ver, — ver gras, d’une blancheur abominable, chair poisseuse, de plus en plus nette sous mes yeux, flagrante. Je frissonnai et une angoisse atroce que je connaissais bien affleura en moi. D’un coup de pelle j’écrasai la bête immonde.

...


Azur et volupté (ou la double Rage dionysiaque de Younisos)

poésie — Par younisos le 05 dé 2008 à 20:12

  

 Quand furtivement j’aperçois, au coin d’une rue, la beauté d’une femme, sublime et crue, s’illumine en moi l’Apparition de la chair, épiphanie éphémère, couleurs tremblées en galbes et lumières.

Quand je contemple fixement le bleu du ciel, il gicle en moi une atroce déchirure, rageuse fêlure, joie abominable, euphorie improbable, plénitude sensorielle frôlant de trop près l’infini insondable.

— Par-delà bien et mal, la lumière est fatale.

Quand je contemple fixement la nudité miraculeuse d’un sein lourd et beau, d’un sein pâle et cruel, éclate en moi un déluge mystique d’extase sensuelle — ainsi scintille la splendeur charnelle, ainsi la volupté éclôt et ruisselle.

Quand je perçois longuement l’étrange limpidité de l’azur, il surgit en moi une soudaine envie de fuir tous les murs, m’en aller sans papiers sans argent, sans raison ni vêtements, m’en aller fol et sauvage vers d’impossibles rivages, hurlant ma rage.

— Par-delà bien et mal, la lumière est létale.  

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Le rythme viscéral du Mal

poésie — Par younisos le 08 nov 2008 à 20:59

 

En moi enfle un chant brutal, quête du rythme primordial du Mal — je vois des chairs rutilantes et des pals, splendeurs bestiales, saignées musicales.

Sous la lune je m’étale sur le galbe froid de l’opale, en moi monte un râle, je meurs de volupté, clamsant au rythme crucial du Mal, invitant au régal les vautours et les chacals.  

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L'astre rat

poésie — Par younisos le 22 jui 2008 à 12:45

la chairpar  Younisos

 

  M'adressant au Soleil je lui dis :

-- De mon ventre un grand couteau surgira, qui te lacérera, rat !

......

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la chair

littérature — Par younisos le 12 jui 2008 à 11:38

 

 

L’éclat cru d’un gros sein blanc est une insulte à la prudence, un démenti de la raison, fond laiteux pour des rigoles de sang, orage de déflagrations hilares éclaboussant la gueule à ceux qui pensent à demain.

 

 


Ni je ni autre

littérature — Par younisos le 07 jui 2008 à 13:31

 Ni je, ni autre.

J’exècre le soleil ! Je lui verserai mon sang sur la gueule !

Je ne suis pas moi. Je suis l’Os.

Dionysiaque.

Je ne me laisserai pas engloutir par la carne globale.

Rien à attendre, rien à penser.

Être et temps sont les déjections de l’humanité. Sur je et moi, s’édifient des balivernes universelles.

Ainsi donc plusieurs fois mon crâne explosa, sans que j’en crève. Enfin... je suis peut-être déjà crevé... je n’en sais rien. Je ne sais rien. Des images s’allumaient, et des sons, des orgues, seins aveuglants, beauté déchiquetée, et l’azur.

 

Je ne sais rien.

 

Ni père, ni mère — Anti-Œdipe incarné, fêlure sous l’azur cruel, mes yeux increvables béaient sur la lumière crue du monde.

Au commencement surgissait le cercle vicieux, flagrant et sans issue, criant à tue-tête qu’il est impossible de savoir quoi que ce fût.

Autrement dit, tout repose sur rien.

Le cogito  cartésien (je pense donc je suis) est une formidable foutaise. "Je pense", ça ne prouve rien, ça ne fonde rien, rien du tout... Si vous partez de rien, vous y restez. Vous découvririez simplement toute la plénitude du rien : que le rien est tout, que rien ne peut rien fonder, et qu’il n’y a rien à savoir.

Le doute qui n’embrasse pas la totalité est une escroquerie ou un tour de passe-passe. La totalité embrassée par le doute est rien. Ce rien est indépassable : c’est le scepticisme radical.

 

 

 

Exempt de toute créance le vécu jaillit déchaîné, débauche de sensations illuminées.

Je vois du sang sur l’azur ; la beauté et la lumière éclatent dans mon crâne.

Écoutez, je voudrais comprendre cette chose horrible et excessive qui irradie dans le bleu du ciel — j’ai au fond du ventre une rage qui voudrait que de mes entrailles surgisse un grand, très long couteau… un couteau assez énorme pour déchirer le soleil, ensanglanter le ciel, pour que l’azur tourne rouge vif — lumière sanglante… Azur azur azur ! — Atrocité !  — Ô azur !

 

 

 

Depuis des lustres j’erre sur des frontières létales.

Au gibet, pendu haut et court j'éjacule mais ne meurs pas.

Je suis à peu près une charogne. (Il faut imaginer une charogne belle et ithyphallique.)

J’éploie ma carcasse, immonde, et, de mes doigts putréfiés je souille un clavier déglingué, gluant, couvert d’excroissances incarnadines.

Mon clavier est charnel, fait de mort et de stupre.

Je suis néanmoins un bel Os.

Je suis Dionysos.

 

Dressé je ris — déjà mort je triomphe — je ris étreignant le soleil !

Mort je suis, je jubile ! -- rien — Os — Phallos — j’ose ! 

 JE NE SAIS RIEN.

RIEN.

Ni je, ni autre.

Rien.

 

 


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