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Métamorph-Os-is

poésie — Par younisos le 03 fé 2012 à 01:56

 

Je suis Ithuphall-Os, le grand Os au Gland coupant.
Mais quand je me rince la moelle dans les bars, je le fais dans la peau humaine de Younisos l’anti-écrivain scélérat.

Hier je me suis attardé nuitamment au zinc d’un bouge tangérois, à l’heure où les tapineuses s’impatientent et prennent les devants.
C’est alors qu’une grande lippue aux douces cuisses satinées a mêlé sa viande à la mousse de mon bock, remuant les os de Younisos qui se mirent tous à bander verticalement, et, ainsi dressés brusquement, ils s’unissent en un seul Os, grand Os, qui perce la peau de Younisos, propulsant l’énorme Gland tranchant vers le plafond.

La jeune lippue est subitement pulvérisée, réduite en traînées rouge vif maculant les murs et retombant dans les verres et les yeux des buveurs ahuris.

Vu la fulgurance du massacre, personne n’a pu percevoir ce qui est advenu.

Et moi, Ithuphall-Os, rentré dans la peau humaine de Younisos, j’ai quitté discrètement le bouge, et j’ai remonté le boulevard Pasteur, placidement.

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Too much blood

poésie — Par younisos le 30 nov 2011 à 23:25

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 ‎... je veux du sang, beaucoup de sang, bordées de sang sur des trottoirs blancs, et des crânes ouverts, et de la cervelle et des flancs, et des fesses délectables en tranches sur le macadam fumant...

... et des bouches pinées profond au fond des firmaments, et des torrents de lait déferlant par les trous du moment, et des trous de gorge empalés sur des phall-Os triomphants,

— et des meurtres sensitifs, et des chants !

 
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Le silence et la fraise

poésie — Par younisos le 08 oct 2011 à 22:21

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 Je ne communique pas, je ne projette pas, ne travaille pas.

Je n’ai que ma démence ithyphallique à offrir à personne. Et mon ossature verticalement sanguinolente, ma mâchoire osseuse, et mes viscères offerts pantelants aux déluges des sens.
Je ne communique pas. A coups de coutelas je laboure la voie carnée du silence.
La lumière m’assassine, fibre par fibre, synapse après l’autre, — mort je suis, quoique la luxure foisonne dans moult cambrures et floraisons, et que la chair éploie son ode sensitive. — Le goût de la fraise triomphe, et le goût d’une bouche offerte, d’une langue, le goût d’une peau.
Un chant se lève, la rage épousant la volupté. Des massacres dans le ciel, au zénith, à l’horizon, et ici je hurle : ma joie est subite, pleine et foudroyée. Ma joie est ici, elle m’explose j’irradie je jouis, je ris.

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bloody sky

poésie — Par younisos le 13 aoà 2011 à 22:27

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Ma soif de sang est incommensurable, à la (dé)mesure de l'azur immense qui m'assassine chaque matin.

L'azur est la déliaison du flux.

La lumière m'explose en blanches bordées éployées dans le silence sensoriel d'une cuisse.

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Ithuphallos

poésie — Par younisos le 05 aoà 2011 à 01:30

 

 Ithuphall-Os traversant le Petit Socco, de son tranchant osseux déchiquette quelques belles promeneuses, faisant gicler des éclairs écarlates vers l’azur triomphant.

 

La police, impuissante, ne sait guère comment mettre en œuvre l’arrestation d’un dieu, cependant que les belles se précipitent vers Ithuphall-Os, désireuses de jouir déchirées sous son intégrale Érection.

 

C’est ainsi que, au pied d’un mur blanc, un grand corps se met en croix, ample chevelure d’un noir flagrant, gros seins levés lumineux vers les firmaments. — La femme rayonnant d’un éclat aveuglant, sa chair illuminée est offerte aux fureurs dionysiaques d’Ithuphall-Os au grand Gland coupant.

La belle est pulvérisée promptement en mille éclats sanglants.

Et le rouge  vif de son sang irradie dans le ciel blanc.

 

 

 

 


Rouge sang

poésie — Par younisos le 23 jui 2011 à 20:58

 

 

 

 

Dans le soleil brille la nuit — la chair, brutale, en est le fruit — le foutre et le lait se mêlent en sursis — un monstre succulent repose dans mon lit.


La beauté assassine le peu de paix qui subsiste dans mon crâne déglingué, mort je suis, quoique la volupté triomphe dans mille milliards d’asticots et que le verbe clame encore la puissance du bleu et l’exubérance du vit sacré — volupté telle la mousse épanouie sur le désastre tellurique d’une érection atroce, lancinante — le Phallus anthropomorphe que je suis (si “être” pouvait signifier quoi que ce fût) n’est autre que le sang versé dans un océan de lait — invoquant fruits rouges et coutelas je songeais aux écarts sanglants inhérents à la splendeur sidérante des contrastes carnés — au tréfonds du mal je m’égare pour clamser autrement — au tréfonds du mal je crèverais dans la joie de rythmes subits — massacres inédits — meurtres fortuits — éclat blanc de galbes plantureux sillonnés d’écarlate — une vampire féroce dort dans mon lit — Être n’est qu’une escroquerie — je ne suis pas, pas plus que je ne suis — ainsi parlait, paraît-il, Pyrrhon le Sceptique qui n’avait rien écrit.


Une vampire, dis-je, belle et horrible, scélérate et exquise, pulpeuse et incisive, somnole dans mon lit — car l’atroce est dans le fruit, la volupté déchire, et mourir... mourir est la plus obscène des orgies — — ainsi donc je jouis, je jouis mille morts chaque nuit, suçant l’énorme téton de ma vamp jusqu’à la lie — je me shoote au lait froid de vampire — souvent dans mes rêves j’éclate de rire, mais au réveil j’ai envie de fuir, m’en aller loin dans une terre sans astre qui luit.


Ni je ni autre, je m’écrie — ni je ni autre je ris seul dans la nuit.

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La chair et la lumière. Extrait du roman inédit de Younisos.

roman — Par younisos le 11 jui 2011 à 02:48

 

Approuvant d’emblée ma mort j’avais encore une fois porté mes excès aux limites d’une concentration intolérable. N’en ayant pas péri, j’en étais sorti plus fort, mon délire dionysiaque s’étant mué en puissance maîtrisée.

 Je ne craignais pas la lumière — j’étais immortel à force de mourir.

Je n’avais rien à perdre.

J’adhérais au jaillissement, au scintillement, à la pulsation de l’instant, éprouvant pleinement chaque sensation, chaque infime frémissement de mes fibres.

Entièrement disponible. Déjà mort.

 

 

Selon le cuisinier de Henry Gordon, la femme en noir habitait depuis quelques jours une villa à la Montagne, non loin de celle du vieil Anglais. Je décidai d’aller la voir chez elle.

Au milieu de l’après-midi je descendis du bus sous un ciel d’un bleu dur et triomphant. Je trouvai facilement la villa en suivant les indications du cuisinier. Dès que j’eus sonné une jeune servante douce et fraîche apparut et me conduisit à un vaste salon baigné de soleil.

Les minutes s’écoulèrent cruciales, puis, subitement, surgit la femme, illuminée, vêtue d’une robe longue blanche — hanté je suis, lumière ! ô lumière !

Sur ses galbes tremblait la lumière. La robe était fendue jusqu’à la taille, et le décolleté, mirifique, étincelait. Le blanc laiteux palpitait au ras de la chair.

Les rayons du soleil tombaient sur ses seins, allumant une radieuse féerie de chair vibrante — le réel, la matière frémissaient, s’animaient, cascades onduleuses d’éclats rayonnants. Elle se lécha les lèvres :

— J’attendais votre visite depuis que nous nous sommes croisés. Vous êtes le seul... le seul qui m’ait regardée un instant droit dans les yeux sans fléchir. De loin j’ai senti que vous alliez me regarder au dernier moment... j’ai su tout de suite que vous avez les couilles qu’il faut pour aller jusqu’au bout.

— Je veux tout brûler ; les extrêmes me font bander. J’ai soif de massacres.

Je me tus un moment, le regard fixé sur ses yeux noirs.

— Ils étaient beaux, paraît-il, les seins sur la place publique, repris-je impassiblement.

— Oh ! les beaux cadavres... des nanas, oui !... ah ! les merveilles que c’était... la puta madre de Dios !... la dernière était exquise... j’en ai gardé des morceaux au frigo... Ça vous dirait, une fine tranche de cuisse ?

 

 

La baie vitrée béait sur l’azur flagrant.

Je regardai la tranche de chair féminine, cuite, à point.

Je découpai doucement un morceau, le portai à ma bouche, le gardai un long moment sur la langue — la femme décroisa ses jambes et de la robe fendue jaillit la cuisse pleine et satinée, d’une blancheur féerique. La nana était effectivement haourae... les yeux et la chevelure absolument noirs, et une peau éclatante de lumière... Ah ! sa cuisse !... la volupté faite perfection !... — je me mis à mastiquer le fin filet de cuisse : jamais !... jamais je n’avais savouré une viande aussi tendre, exquise.

— La viande que vous dégustez, dit-elle, je l’ai prise dans la cuisse d’une tendre jeune fille. Elle avait la peau laiteuse si douce, la chair juteuse, le cul ferme et rebondi, une bouche suave... un sacré morceau !... Vous savez... la chair des belles femmes est la viande la plus succulente qui soit. Au moment du massacre, de mes dents je déchiquette la chair et j’arrache des petits bouts crus que j’avale avec le sang qui gicle, c’est rafraîchissant... Je sais que vous n’avez pas peur, je vois dans vos yeux le désir de jubiler en faisant couler du sang, de jouir en tranchant des gorges... Vous êtes... entièrement affranchi... ça, je l’ai su au premier regard... Là, vous jouissez en m’écoutant : nous sommes déjà complices.

 

 

Après la collation nous nous regardâmes un moment debout face à face en silence.

Elle s’avança vers moi.

Je tendis la main.

Du bout de l’index, je touchai  le sein.

Une lumière blanche fulgurant dans mon crâne irradia vers les firmaments.

 

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Un sein

littérature — Par younisos le 28 jui 2011 à 01:06


C'est hallucinant comme la lumière se concentre  et flamboie épurée sur la douce rotondité d'un sein... comme le contraste fait jaillir du noir la féerique blancheur lunaire d'un sein... comme la ronde pâleur d'un sein vous fait caresser du regard cet abîme sensoriel qu'est la beauté... et vous laisse un goût de béance sur l'infini...

 

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Wild Thing

poésie — Par younisos le 03 jui 2011 à 13:56

La femme que j’aime est une vampiresse exquise et hautaine, buveuse de sève humaine. 


Tueuse d’éphèbes adorables et de nymphettes à la chair délectable — elle est sensitive et insatiable, sensuelle, implacable. 


Sur ses épaules lumineuses s’éploie onduleuse une ample chevelure d’un noir flagrant — sa chair lactescente éclaire les ténèbres évanescentes de mes soirs délirants. 


Et quand d’un doux Adonis elle a tété le sang, épanouie elle m’offre ses gros tétons froids et blancs, ses lèvres écarlates, et sa langue vive au nectar sanglant — deux perles vermeilles cheminent alors sans hâte sur ses seins d’albâtre éclatants. 
Et quand voluptueusement elle déchiquette une douce midinette, elle en savoure goulûment le foie palpitant. 
Et quand en plein jour elle promène par les rues la lumière de son décolleté de soie noire, devant l’éclat blessant de ses nibards les passants ahuris tressaillent geignards. 


Elle est si belle ! horriblement belle ! d’une beauté incisive et brutale, rayonnante et létale. 
 

Un beau jour, ou peut-être un soir d’hiver, ma vampiresse déchirera ma peau et ma chair, arrachera mes viscères, dévorant le Phallus qui lui est si cher. 
Ardemment j’aspire à une telle mort — acmé jouissive, démoniaque, pour clore la vie brève et brûlante du poète dionysiaque.
 
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Transes

poésie — Par younisos le 13 mar 2011 à 02:57

 

 

Je chante ! la boue chante !
Crevons, buvons rouge, osons la fange !
Tremblote ouvre déchire-toi crèèèèèève !
Foutez vos cœurs dehors !
Je vous montrerai les fentes de la beauté — de mon sang je rafraîchirai vos fêlures immondes —
Qui ose encore parler d’amour et de mort ? — l’Apocalypse est déjà consumée — sur le Net se joue le deuil décalé de la Déflagration qui naguère eût mieux fait de nous réduire en poussière d’astres galeux —
Je chante ! la boue chante !
Dépecez-moi !
Je veux vivre en direct mon déchiquetage intégral, et qu’on mêle mes viscères à des grosses fraises obscènes, et que sur les débris pulvérulents de mon maigre cadavre s’éploient des coïts insensés et de monstrueux festins, et que le ciel vert se fende et dégueule des créatures gélatineuses acéphales, et que le Web soit enfin percé à jour — Web sournois dieu diffus, scélérat.

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Lumière sanguinolente

littérature — Par younisos le 01 dé 2010 à 22:24

 

 


 
 


 Tanger est la fente pinéale de l’Afrique. Fêlure géographique, désaxée, déjetée, toujours ailleurs, échappant à elle-même. Elle est à la fois solaire et glauque, morbide et illuminée, charnelle, limpide, interlope, onirique. Belle et immonde. Elle n’existe pas. C’est un songe toujours ramené par le sempiternel vent d’est.
 

Ici, à midi, les murs blanchis à la chaux sont des appels au massacre.


 
Le bleu chante, la boue rutile et chatoie. 
Le ciel est d’azur, la lumière triomphe, la chaux est si blanche. — Et mon crâne revendique l’implacable mécanique des oranges. 
 
 
 

Longtemps j’ai hurlé à l’immensité azurée, ici et ailleurs plus au nord j’ai hurlé, maudissant le soleil, fustigeant le silence des cieux, riant aux éclats blancs du firmament. 
De retour à Tanger j’exulte d’horreur. Car Tanger, bien réelle, est aussi horrible que belle. Regardez sa lumière : le bleu et le blanc, telles de longues lames scintillantes, me charcutent les viscères. 

L’azur me hante, et je vois dans le ciel des rigoles écarlates. Je ne rêve point : la lumière est sanglante, le soleil écartèle les Colonnes du détroit et viole chaque matin la mer à plat ventre. 

 

 




Sous le ciel scélérat vibre la ville, et frémit, s’ouvre, se donne, blanche et charnelle, palpitante. 
Des flots de formes galbées tortillant des hanches cheminent ondulantes, frétillantes, épanouies. Le flamboiement solaire, cruel et obscène, éclaire d’opulentes rondeurs. De rues en ruelles, fleurissent des pans de peau nue, croupes ondoyantes, rotondités rebondies affluant vers l’artère principale, où l’érotisme âcre et vénal s’exacerbe en show urbain, en étal de chairs ambulantes. 

La lumière et le vent de l’illustre détroit vouent la ville à un sort tragique, lubrique, incertain. 
À Tanger ma rage, cosmique, prend corps dans la cité. J’écris le carnage tectonique des plaques désunies, des chairs lacérées, du schisme antédiluvien. 
Le détroit, énorme déchirure tellurique, telle la fente fauve et béante d’une créature atrocement voluptueuse, affreusement belle et succulente, le détroit de Gibraltar, dis-je, est hautement libidinal. Il charrie le désir du nord et du sud, mêle les vents, croise les courants, brasse les corps, et avale les cadavres des rêveurs concupiscents. 
Bouche à bouche le désir et la mort s’embrassent pantelants sous l’azur excessif. Et je crie et j’écris à la démesure de l’excès. 

 

 




Cette lancinante obsession de la chair et de la lumière, je dois en clamser un jour ou l’autre, c’est ma mort quotidienne que je porte en mon crâne, furie rubiconde sous l’écume du temps. 
Si j’écris, c’est que la lumière me fait endêver ; je jubile en cadence je fais rager les mots. Dans mes fibres résonne une sarabande multiséculaire. J’aspire au rythme dionysiaque des entrailles et des astres. 

Narrant des massacres solaires, je me scie les os sur ma table de travail, tordant nuitamment des épithètes cependant que dehors un pauvre gus défoncé regagnant la médina brise sa bouteille sous ma fenêtre, vocifère contre son ombre, s’acharne sur un rideau de fer, jure, dégueule, geint, se tait, soupire, s’efface dans la nuit. Alors seul je poursuis, enivré de visions sanguinolentes, ouvrant mes sens à des fêlures improbables, je me fends les tripes et me damne et rugis en silence, pour une phrase. Une phrase. 
Écrivant à Tanger, mythique Interzone, je baigne dans le mal et je vois. 
Je vois le fond luxurieux et putride des murs blancs. Je vois la face noire et lascive de la lumière, et le stupre au ras des pavés neufs, et la chair éployée triomphale ; je vois des monceaux pléthoriques de morceaux potelés, et des gros vers blancs, et des larves énormes, et des plaies sanieuses à l’horizon. 
Ici je bois le mal à la source, je m’ouvre au sanglant ondoiement lumineux ; et j’écris pour éclabousser de ma fange leur ciel, leur ciel à eux, fadasse, rassurant, prétendument innocent. 

 

 




La normalité sous un ciel honnête, la vie qui fonctionne, consomme, communique, se conserve, espère, la vie normale, dis-je, est une moisissure écœurante, poisseuse chiennerie, gluante, asphyxiante. 
Le flux des jours n’est-il pas une farce bien piètre, d’un comique lamentable, imbroglio de scénarii grotesques, navrantes occurrences ?... 

La vie humaine, hélas, n’est viable que châtrée. 
La raison pratique, le bon sens forment un voile émollient qui préserve les honnêtes gens de la monstrueuse obscénité de l’univers. 
Pour peu que surgît un brin de charnelle lucidité, le vécu se dévoile tout cru, bel et bien risible et atroce. 
Tragique, l’éveil n’implique nulle sérénité. 
La lumière crève les yeux comme la foudre un rat égaré. Les choses, telles quelles, sont nues, menaçantes et têtues. Une vision, une idée, une sensation glissent subitement, divaguent, mutent, ouvrent sur l’infini effrayant. 
La béance, l’étrange altérité, l’indéfinie pluralité de Tanger en font une cité propice aux fêlures, aux excès, aux fureurs sensorielles des rares esthètes enragés, lesquels, regardant le soleil en face, en voient l’envers purulent : ils scrutent l’irruption du mal, le giclement de la beauté, et autres abominations illuminées ; les nerfs plongés dans la boue, ils tendent le crâne au zénith, assumant les entrailles de la terre et le feu du ciel. Ils sont quelques uns, rebelles sans projet, esseulés dans la foule moutonnière des consommateurs connectés. Enivrés de lumière, ils gardent encore dans la bouche le goût du sang, l’immémorial goût du présent, de l’instant vivant, du flux jaillissant. 

 

 

  

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Ma tête enfle et éclate le sang gicle et ruisselle — ma sève s’épand par les trous du réel.

poésie — Par younisos le 16 nov 2010 à 02:00

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Apparition

poésie — Par younisos le 09 nov 2010 à 02:09

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Trip sensitif

poésie — Par younisos le 15 sep 2010 à 00:00

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Je hurle aux gros seins blancs sous l’azur,
aux frêles cambrures, aux furtives échancrures,
au rouge impur des grosses mûres.

Je hurle aux cuisses claires, aux jupettes, aux petites chemisettes,
aux lèvres écarlates étreignant une sucette,
aux extases sensitives d’un trip en levrette.

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Les synapses de la nuit

poésie — Par younisos le 20 avr 2010 à 21:29

Une angoisse indécise me tiraille les fibres sensitives. Des lueurs écarlates tremblotent aux synapses de l'horreur.

La pâle obscénité d'une fesse aux reflets onctueux éclaire mon intime atrocité — dans mon crâne embrasé se dénude la blancheur (nimbée de crime) de la viande ultime.

J'ouvrirai mes tripes aux appels morbides de la nuit, je hurlerai à la rondeur assassine des tétons rebondis — j'approuverai mon déchiquetage, et la pourriture à venir.

Une angoisse imprécise me cisaille les fibres sensitives. Un be-bop strident déchire les synapses de la mort.

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Cosmos

poésie — Par younisos le 11 mar 2010 à 20:46

L'univers est une grosse farce obscène, fripouillerie lugubre, ridicule, matières nébuleusement foutraques, trous noirs fécaux, astres dépotoirs, Voie Lactée repue de foutre blanc — et le hic : la glaireuse humanité.

L'univers est une grasse force aveugle, stupide, putasserie brutalement muette, inconsistante et absconse, mièvrement lait et sang, soleil hideusement phallique, azur qui déchire — et la cerise : un gros sein blanc.

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Je hurlerai

par Younisos

Dans la pénombre un gros sein blanc jaillit d'une sombre robe de soie — horreur ! la stupeur est dérisoire la rage se brise en giclées muettes dans le vide du moi... La poésie est impossible. Le verbe gargouille en flux rouges écumeux, en caillots, en vocables cadavéreux.

J'attends d'être assassin.

Dans mes fibres fermentent deux mille et une morts.

Le Web perpétuera ses litanies soporifiques — mais je hurlerai, je serais l'ultime scélérat.

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Volupté sanglante. Extrait d’un roman inédit. — Pour une esthétique souverainement affranchie.

roman — Par younisos le 22 nov 2009 à 13:19
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  Le sang débordant de sa bouche était l’œuvre d’art absolue, incarnée, s’épanchant sur la peau lactescente — beauté jaillissante, tranchante de contraste, sublime de puissance sensitive, telle l’horreur scintillante de l’azur atroce.

En expirant elle me fit éprouver l’ivresse suprême, d’une délicatesse extrême, pinacle de volupté extatique. (Sade avait bien raison. La brutale rupture du flux vital provoque dans la chair de la victime trucidée [et empapaoutée] une ultime vibration, d’une intensité incommensurable, qui procure au jouisseur délicatement scélérat un plaisir faramineux aussi excessif que la mort elle-même.)

J’associe la sanglante volupté à la magnificence de certaines pièces pour clavecin de François Couperin, sarabandes et allemandes lentes et amples, majestueuses.

Le sang que je lapais sur l’étincelante rotondité volumineuse et rebondie des seins blancs acheva d’amplifier mon ivresse dionysiaque : je flottais entièrement éthéré, dilaté, planant au-dessus du carnage...  ...

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La hache et la fraise

poésie — Par younisos le 11 nov 2009 à 12:44

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Une cuisse
une hache
un mur blanc
éclaboussures rouge sang.

Fraise mûre
clair azur
onze fêlures
ciel blanc.

Une cuisse
une hache
donnez une hache
pour que surgisse
sur la peau claire et lisse
le rouge carmin du vice.

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Gorge profonde et joueuse de viole. Extrait d'un roman inédit.

roman — Par younisos le 12 oct 2009 à 14:35
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Clotilde suçait divinement tout en jouant de la viole de gambe...

La viole de gambe de Clotilde était un authentique instrument d’époque.
Elle posa un baiser sur la pointe du gland qu’elle laissa glisser entre ses lèvres et pénétrer très lentement dans sa bouche. Le son grave, d’une profondeur viscérale, de la viole, vibrait au creux de la buccale volupté. La langue, si fraîche, frétillait avec la musique de Marin Marais.
L’archet frôlait mes jambes.

Sur une gavotte la suceuse s’enhardit, les ailes de son nez se mirent à palpiter, son phrasé s’enfiévra, ma volupté s’amplifia en vagues vaporeuses ascendantes, mon corps se dilata en fleuve d’ivresse — le gland toucha la gorge et je fus inondé d’une lumière blanche qui submergea tout.
(La musique baroque est la volupté même. Elle coïncide exactement avec la chair et l’ivresse des sens ; — vérité qui me fut révélée lorsqu’un jour je fis jouir à mort une grande rousse, en levrette, en écoutant les Leçons des Ténèbres de François Couperin, la voix d’Alfred Deller se mêlant aux gémissements de l’enconnée...)
La joueuse de viole goba le foutre. Je me retirai, elle tourna la page et attaqua un menuet.
— Jamais je ne l’ai entendue jouer d’une manière aussi... profonde, lança Danaé.
J’étais inerte, le vit pointant au ciel.
Danaé fit jaillir ses seins.
Les deux globes de chair lumineuse éclairèrent la salle.
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Rage dionysiaque

poésie — Par younisos le 26 jui 2009 à 14:06

Écoutez, je voudrais comprendre cette chose horrible et excessive qui irradie dans le bleu du ciel — j’ai au fond du ventre une rage qui voudrait que de mes entrailles surgisse un grand, très long couteau… un couteau assez énorme pour déchirer le soleil, ensanglanter le ciel, pour que l’azur tourne rouge vif — lumière sanglante… Azur azur azur ! — Atrocité !  — Ô azur !

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Horrible beauté

poésie — Par younisos le 28 avr 2009 à 14:30

La beauté n'est-elle pas ce pinacle d'équilibre déchirant où la lumière est près d'éclater éclaboussant l'oeil béant du voyeur ahuri ? -- en moi geignent moult bêtes sensitives aux cervelles transies, mon clavier est charnel, du fond de mes entrailles montent des mots et des cris, mon ventre éjacule des poèmes maudits.

Dans mes os érectiles se dressent des chants telluriens, dans le stream de mon sang résonne la musique abyssale de Dionysos sans mesure ni lien.

Ainsi s'épanouit en pointe l'horreur sensorielle, éclat blanc de seins levés vers le ciel, seins gorgés du lait de la terre, rayonnants de sublime lumière.

Ainsi l'effluve ondoyant d'une sombre chevelure éployée dans la brise du soir.
Ainsi le sang vespéral, et la lune lactescente nue dans le noir.

Ainsi l'horreur scintillante émanant d'une oeuvre d'art, et la prose sanglante du poète furibard, et l'exubérance d'une toile aux allures d'abattoir.

La beauté n'est-elle pas ce mystère d'équilibre rageant où la chair s'illumine en gloire, où la peau cruelle du réel se laisse enfin voir ?

   



Illumination

poésie — Par younisos le 05 avr 2009 à 23:01

Une onde de délire parcourt l’univers.

Dionysos en gloire surgit dans l’or et l’azur des massacres stellaires.

Blés au soleil — ô jaune extrême du mutilé visionnaire ! — Je vois le jaune de l’extatique Van Gogh que j’approuve du tréfonds des viscères.

Yeux béants je brûle du feu solaire.

Le blanc laiteux palpite au ras de la chair — sur les divines courbes de la femme tremble la lumière, déluge de sève suc et pulpe de la terre.

L’azur ruisselle ni père ni mère jaillit le ciel jaillit la mer.


Lumières sanglantes

poésie — Par younisos le 05 fé 2009 à 21:23

 

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Sur ma table de travail, gît un porc écorché. Parmi les feux du ciel frétillent des biftecks, et des seins tranchés. Dans la lumière, pétille le rire vermeil de onze mille belles éventrées.

Au creux du soleil une vulve étincelle, étrange fêlure, nimbée d’or et d’azur. Scintillent le bleu  et des carnes sanglantes, et les blancs viscères de matrones mutantes.

La terre s’ouvrant, des phallus effroyables s’élancent dans les airs, par flots le sang éclabousse l’atmosphère, l’humaine raison vacille et se perd, la vie triomphe écarlate et solaire — ma rage explose embrasant l’univers.

 Sur le lit blanc, gît une tête de porc — parmi la fraise et la crème rayonnent deux lèvres fraîches, et le goût de la mort.  Au creux de mon crâne un grand massacre se déchaîne, par ondes et flots le Mal fuse dans mes veines ; dans l’azur limpide je vois un bœuf écorché, et des gros seins blancs de pulpe gorgés — quand je dors j’ai souvent la gorge tranchée, dans mes rêves s’élèvent onze mille belles égorgées.

Ma tête enfle et éclate le sang gicle et ruisselle — ma sève s’épand par les trous du réel.

Parmi les cerises meringuées je vois d’amples hanches crémeuses, et une langue de porc — sur le lit blanc gît une tête de mort. Au cœur de la nuit molle et vaporeuse je vois des fesses hautes et laiteuses, et le sperme lunaire en giclées nébuleuses. Aux étoiles se mêle onctueuse la mamelle plantureuse d’une goule fougueuse, tandis qu’au zénith s’illuminent des chairs cambrées, bouches sanguines et rondeurs lactées.

La lune enfle et éclate le lait fuse et ruisselle, ma rage se dilate en strip-tease du réel.

Sous le ciel blanc, rutile la viande carmin de onze mille nymphes désossées. Dans les ténèbres célestes frétillent des rumstecks, et des reins tranchés. Sur ma table de travail, gît une femme égorgée.

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Le ver et le néon. Extrait d'un roman inédit

roman — Par younisos le 21 dé 2008 à 21:39

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Je creusais pour ouvrir dans la terre la béance qui m’attirerait dans d’autres outrages — la littérature n’est qu’ersatz quand le possible s’incarne sensible... Je creusais quand apparut un gros ver blanc. Je m’immobilisai. Le ver luisait sous la luminescence du néon, il rampait doucement, solitaire, blanc sur la terre sombre fraîchement retournée dont l’odeur forte et vaguement fécale emplissait la chambre. J’étais inerte dans la pure présence, contemplant le ver, — ver gras, d’une blancheur abominable, chair poisseuse, de plus en plus nette sous mes yeux, flagrante. Je frissonnai et une angoisse atroce que je connaissais bien affleura en moi. D’un coup de pelle j’écrasai la bête immonde.

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Azur et volupté (ou la double Rage dionysiaque de Younisos)

poésie — Par younisos le 05 dé 2008 à 21:12

  

 Quand furtivement j’aperçois, au coin d’une rue, la beauté d’une femme, sublime et crue, s’illumine en moi l’Apparition de la chair, épiphanie éphémère, couleurs tremblées en galbes et lumières.

Quand je contemple fixement le bleu du ciel, il gicle en moi une atroce déchirure, rageuse fêlure, joie abominable, euphorie improbable, plénitude sensorielle frôlant de trop près l’infini insondable.

— Par-delà bien et mal, la lumière est fatale.

Quand je contemple fixement la nudité miraculeuse d’un sein lourd et beau, d’un sein pâle et cruel, éclate en moi un déluge mystique d’extase sensuelle — ainsi scintille la splendeur charnelle, ainsi la volupté éclôt et ruisselle.

Quand je perçois longuement l’étrange limpidité de l’azur, il surgit en moi une soudaine envie de fuir tous les murs, m’en aller sans papiers sans argent, sans raison ni vêtements, m’en aller fol et sauvage vers d’impossibles rivages, hurlant ma rage.

— Par-delà bien et mal, la lumière est létale.  

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Le rythme viscéral du Mal

poésie — Par younisos le 08 nov 2008 à 21:59

En moi enfle un chant brutal, quête du rythme primordial du Mal — je vois des chairs rutilantes et des pals, splendeurs bestiales, saignées musicales.

En moi vibre un chant viscéral — j’ouvre mon ventre aux cadences sidérales, je m’écartèle, me dépèce en giclées cérébrales, j’aspire à moult déflagrations cervicales et autres orgies intégrales. 

En moi fuse un cri vital, en moi fuse un élan cannibale, quand je vois surgir la lumière délétère d’une beauté létale.

En moi hurlent des loups noirs et des monstres acéphales — ma folle érection est fatale, mon foutre s’élance fulminant vers les étoiles.

Sous la lune je m’étale sur le galbe froid de l’opale, en moi monte un râle, je meurs de volupté, clamsant au rythme crucial du Mal, invitant au régal les vautours et les chacals.  

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La lune lactescente nue dans le noir

poésie — Par younisos le 11 oct 2008 à 14:12

Dans les Mille et Une Nuits les belles ont la peau laiteuse et la chevelure aussi sombre que la nuit. Ainsi parmi les ténèbres la pleine lune luit, et d’un décolleté de soie noire la lumière jaillit, et le ciel flamboie quand le jour s’évanouit — ainsi fuse une violence inouïe du doux baiser fortuit.

Je boirai le mal jusqu’à la lie.

Nuitamment dans un cimetière surgit la lueur singulière d’une bougie, au chevet d’une tombe éclairée tel un lit, et la chair pâle d’une femme belle aux longs cheveux d’ébène, étalée, sans vie.

D’une blancheur lunaire, les seins fermes pointant vers le ciel firent fulminer de blancs éclairs dans mon crâne transi.

Ainsi donc je contemplais fixement le corps nu, quand la cuisse de la morte tressaillit, les narines frémirent et un œil, noir, s’ouvrit.

Je boirai l’horreur jusqu’à la lie.

Ainsi dans la fureur et la rage je jouis, je suis mille fois mort et j’écris, l’azur me hante et je me délecte de pluie — ainsi giclent le sang et la sève du carnage et du fruit. Dans les Mille et Une Nuits les belles ont la peau laiteuse et les yeux aussi noirs que la nuit.


Mort je triomphe

poésie — Par younisos le 30 sep 2008 à 23:03

                                                                à  Marc-Edouard  Nabe

Le Commandeur m'enfonçant un épieu dans le ventre me dit ricanant:
-- Crève! assassin des astres! charogne des arts! fils des caniveaux célestes!

Déchiquetées mes tripes rutilent clapotantes hors de ma peau, lourdes de fiel gras. Mon sang s'épand en rigoles sous le ciel blanc.
Jouissant de ma mort je chante, louant la déesse Pourriture, tandis que ma cervelle éclatée gicle vers les firmaments.

 

 


Dionysos est un porc

poésie — Par younisos le 08 sep 2008 à 23:07

 

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 Une rage tellurienne ébranle mes nerfs, j’ai la moelle érectile, je darde mes os dans le sel noir de la terre.

Je suis déjà mort.

Je suis Dionysos, je suis un porc, une ivresse sensitive inonde mes pores. En moi giclent des visions lacunaires : une cuisse, une caresse, une carcasse, un coutelas — un éclair. Aurore ! — Azur et or ! Egorgez-moi ! je dors.

Une fesse, une gigue, un gigot, un melon — un pieu. Une onde de délire s’éploie dans les cieux, les astres se consument  en coïts furieux. En moi enfle un chant féroce, champs noirs, bonheur atroce. 

Je suis Dionysos, je suis un porc, je jubile, je jouis de ma mort — saignez-moi, dépecez mon corps.

Mort, mille fois mort. 

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L'écriture et le mal

poésie — Par younisos le 18 aoà 2008 à 13:42

Dans la nuit je m'abîme en pensées assassines. Sur ma table de travail je me scie les os, me fends les viscères, allumant ma plume aux massacres stellaires, au stupre des bêtes, aux incestes lunaires, aux mille millions de décharges lubriques jaillies jadis (mais éternelles) du divin marquis virtuellement sanguinaire.
Dans la nuit je m'étripe en images écarlates, seins aveuglants, lumière qui éclate, étalant ma peau sur ma table de travail, je me fends le crâne, m'extirpe la cervelle et la jette poisseuse aux w.c. de l'univers.
Sous le soleil je gémis je triomphe -- ô azur je jubile je crève -- je suis la lumière, -- je suis la boue je m'écrase, -- je me dresse Os au zénith Phallus solaire.
Je suis déjà mort.
Et je ris.

 


La chair et le couteau -- Extrait d'un roman inédit

roman — Par younisos le 24 jui 2008 à 13:59

 

 

La belle endormie était là ramenée à la pure présence, charnelle épaisseur, silencieuse, ici et maintenant étalée.

De ses cheveux roux émanait une douce fragrance, sucrée, crémeuse.

Frôlant de mon nez sa chevelure je la humai profondément de sorte que, l’effluve me pénétrant jusqu’à la moelle, je fus saisi d’un délicieux vertige. Enivré d’effroi et de volupté, effleurant de ma main tremblotante sa poitrine à travers le drap, j’éprouvai la tiède plénitude de la chair. Sous l’estivale couverture sa très fine chemisette était partiellement déboutonnée : d’un petit geste je dénudai aisément le téton gauche sans la réveiller.

Le sein apparut tout rond, plein, inerte, d’une blancheur crue, lunaire. Beau et atroce.

Le couteau avec lequel elle avait découpé le saucisson reposait innocemment sur une petite étagère de bois beige.


L'astre rat

poésie — Par younisos le 22 jui 2008 à 13:45

la chairpar  Younisos

 

  M'adressant au Soleil je lui dis :

-- De mon ventre un grand couteau surgira, qui te lacérera, rat !

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la chair

littérature — Par younisos le 12 jui 2008 à 12:38

La chair

 Une bouche, une pine, un pilon de poulet, un parapluie, une bouche d’incendie —

La vie n’est-elle pas une piètre farce bien atroce, d’un comique lamentable, imbroglio de scénarii grotesques, cruelles occurrences ?... et puis hors la banalité : l’excès : éveil tragique — beauté horrible, lumière létale, ivresse vertigineuse au-dessus du gouffre innommable, pourriture, asticots scintillants.

Ainsi le cloaque sensitif ouvre sur l’immensité immonde : ivresse sans nom de ce qui se défait, s’affale et s’écoule en dessous.

Fécale éruption.  Il faut imaginer d’énormes charognes sanguinolentes surgissant lentement du ciel bleu. La furie secrète, muette et anale éclate, solaire. L’azur est une immense putréfaction, la plus pure. Le bleu, déféquant sur des milliards d’yeux, les rince. La vision renaît et s’allume sous la fiente cosmique. Impossible d’escamoter la Boucherie. L’abominable apparaît abominable, et l’ignoble ignoble, — et le beau, immonde.

Dans la fureur, les hurlements, rages d’une joie atroce — le sang est ivresse. Des orgues d’une cathédrale jaillit et ruisselle une musique abyssale : cet excès de splendeur est comparable à l’immondice en ce qu’elle est excès, et à la chair d’une frêle jeune fille en ce qu’elle est excessivement douce.

L’éclat cru d’un gros sein blanc est une insulte à la prudence, un démenti de la raison, fond laiteux pour des rigoles de sang, orage de déflagrations hilares éclaboussant la gueule à ceux qui pensent à demain.

 


Ni je ni autre

littérature — Par younisos le 07 jui 2008 à 14:31

Ni je, ni autre.

J’exècre le soleil ! Je lui verserai mon sang sur la gueule !

Je ne suis pas moi. Je suis l’Os.

Dionysiaque.

Je ne me laisserai pas engloutir par la carne globale.

Rien à attendre, rien à penser.

Être et temps sont les déjections de l’humanité. Sur je et moi, s’édifient des balivernes universelles.

Ainsi donc plusieurs fois mon crâne explosa, sans que j’en crève. Enfin... je suis peut-être déjà crevé... je n’en sais rien. Je ne sais rien. Des images s’allumaient, et des sons, des orgues, seins aveuglants, beauté déchiquetée, et l’azur.

Je ne sais rien.

Ni père, ni mère — Anti-Œdipe incarné, fêlure sous l’azur cruel, mes yeux increvables béaient sur la lumière crue du monde.

Au commencement surgissait le cercle vicieux, flagrant et sans issue, criant à tue-tête qu’il est impossible de savoir quoi que ce fût.

Autrement dit, tout repose sur rien.

Le cogito  cartésien (je pense donc je suis) est une formidable foutaise. "Je pense", ça ne prouve rien, ça ne fonde rien, rien du tout... Si vous partez de rien, vous y restez. Vous découvririez simplement toute la plénitude du rien : que le rien est tout, que rien ne peut rien fonder, et qu’il n’y a rien à savoir.

Le doute qui n’embrasse pas la totalité est une escroquerie ou un tour de passe-passe. La totalité embrassée par le doute est rien. Ce rien est indépassable : c’est le scepticisme radical.

* *

*

Exempt de toute créance le vécu jaillit déchaîné, débauche de sensations illuminées.

Je vois du sang sur l’azur ; la beauté et la lumière éclatent dans mon crâne.

Écoutez, je voudrais comprendre cette chose horrible et excessive qui irradie dans le bleu du ciel — j’ai au fond du ventre une rage qui voudrait que de mes entrailles surgisse un grand, très long couteau… un couteau assez énorme pour déchirer le soleil, ensanglanter le ciel, pour que l’azur tourne rouge vif — lumière sanglante… Azur azur azur ! — Atrocité !  — Ô azur !

* *

*

Depuis des lustres j’erre sur des frontières létales.

Au gibet, pendu haut et court j'éjacule mais ne meurs pas.

Je suis à peu près une charogne. (Il faut imaginer une charogne belle et ithyphallique.)

J’éploie ma carcasse, immonde, et, de mes doigts putréfiés je souille un clavier déglingué, gluant, couvert d’excroissances incarnadines.

Mon clavier est charnel, fait de mort et de stupre.

Je suis néanmoins un bel Os.

Je suis Dionysos.

Dressé je ris — déjà mort je triomphe — je ris étreignant le soleil !

Mort je suis, je jubile ! -- rien — Os — Phallos — j’ose ! 

Dans le fracas solaire je crie sans écho : JE NE SAIS RIEN.

Ni je, ni autre.

Rien.

 


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